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L'histoire du jazz : la trompette

  La Trompette dans le jazz    
  Lèvres, embouchure
et pistons
  Le bugle
  Le cornet à pistons
  La trompette, instrument des origines
  Le règne d’Armstrong
  L’expressivité
de l’ère Swing
  Le be-bop
et sa descendance
  Virtuosité et hyperexpressivité
  La profusion stylistique
  Le cas Marsalis
et ses contradicteurs
Les trompettistes dans les concerts enregistrés de la Cité de la musique
 Le cornet à pistons    
 
 

Inventé en 1831, le cornet se présente sous deux types : le cornet dit « anglais » ou « style anglais à crosse » (bien qu'inventé en France), de forme ramassée, et le « cornet-trompette » ou cornet « américain », dont le tube semble plus long. En réalité, les deux instruments sont de longueur identique. Au plan de la sonorité, le cornet anglais se rapproche du bugle tandis que le cornet américain est plus proche de la trompette. Joués avec la même embouchure, toutefois, on aura du mal à les distinguer. Plus facile d'abord, d'une attaque plus directe, le cornet s'est diffusé en permettant un jeu rapide et souple, ce qui en a fait l'un des instruments de choix des harmonies ou des brass bands. Il ne s'est, cependant, jamais imposé dans l'orchestre symphonique. A la fin du XIXe siècle, il est devenu l'instrument familier des fanfares de La Nouvelle-Orléans (certains historiens ont fait remarquer qu'à l'issue de la guerre de Sécession puis de la guerre hispano-américaine de Cuba en 1898, un grand nombre d'instruments issus des harmonies militaires avait été écoulés sur les marchés de la cité louisianaise).

Simple d'apprentissage et de maniement, le cornet fut l'instrument des premiers jazzmen noirs, tels que Buddy Bolden, Buddy Petit, Emmett Hardy, Freddie Keppard et King Oliver. C'est par le cornet qu'au Waif's Home, on initia Louis Armstrong à la musique. Il est notable que la trompette supplante le cornet au milieu des années 1920, quand se répandent aux Etats Unis les premières trompettes de facture américaine de qualité (Conn a produit son premier modèle en 1910, Bach en 1924), qui offrent une dynamique de jeu supérieure et, surtout, permettent d'utiliser l'octave au-dessus du contre-ut, alors que le cornet, comme le bugle, est limité dans l'extrême aigu du fait de sa perce conique. Le cornet ne disparaît pas totalement cependant des mains des jazzmen. Bix Beiderbecke, Rex Stewart, Wild Bill Davison, Bobby Hackett et Ruby Braff restèrent des adeptes de l'instrument jusqu'à leur disparition. Plus récemment, Nat Adderley, Bobby Bradford, Olu Dara et Graham Haynes ont aussi fait le choix de cet instrument devenu désormais marginal.

 
         
Texte de Vincent Bessières