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Didier Lockwood Quartet

Domaine privé Didier Lockwood (10/05/2003)

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Captivante avant-première, Didier Lockwood fera découvrir son prochain album, Globe-Trotter, condensé de ses pérégrinations autour du monde. Ses complices depuis 1993, André Charlier et Benoît Sourisse, forment un formidable tandem rythmique, précis et souple comme un félin. Le disque publié en 2001 à leurs deux noms, Gemini (Dreyfus/Sony), salué par la critique, rappelle qu'ils sont également fins compositeurs. Au répertoire de la soirée, Lisanga , de Charlier, entrelace trois rythmes d'origine africaine : le maloya réunionnais, le chaâbi algérien et l'enfiévré bikutsi du Sud-Cameroun. Sourisse sonde les profondeurs de l'orgue Hammond, le dégageant du stéréotype swing pour de vastes horizons. Il apporte une ballade intimiste joliment arrangée (Au-delà des nuages), un choriño brésilien (Spopondrilloches), et un savoureux Birds in the Kitchen , accommodé avec des ingrédients blues et irlandais, dans lequel il utilise l'orgue à la manière d'un ensemble de cornemuses.

Stéphane Guillaume, benjamin d'une remarquable maturité, s'est joint au trio originel, parachevant ainsi le nouveau quartette où, comme dans les précédentes formations de Lockwood, l'interactivité demeure un ressort fondamental. Sa technique époustouflante n'étouffe jamais ce supplément d'âme qui transforme une prestation artistique en moment inoubliable et que l'on nomme, dans le flamenco, « duende ». L'expression convient absolument au souffleur polyinstrumentiste, puisqu'il gratifie le répertoire d'une buleria attisée à la flamme de sa science harmonique (Niña Vela).

Didier Lockwood a signé cinq morceaux. L'étourdissant Somewhere at East , aux influences d'Europe centrale. Un cocktail de funk et d'électro, provisoirement titré Coucouland . Un étonnant tango à 7 temps (Tango tanguant), tiré de l'opéra Journal d'un usager de l'espace II créé à l'Amphithéâtre de l'Opéra Bastille en 1999 (livret de Georges Perec). Un extrait du générique du film d'animation Les Enfants de la pluie (de Philippe Leclerc, sortie le 28 juin 2003), ici adapté en ballade jazz. Et, enfin, Pyramides , qui mêle des impressions rapportées d'Égypte avec une écriture à la Wayne Shorter (veine Nefertiti). Autant dire que le voyage promet surprise et ivresse.

Fara C.

[extrait des notes de programme]