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Didier Lockwood solo : "Globe Trotter"

Fresque musicale improvisée (09/05/2003)

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Ce solo inédit préfigure la création que Didier Lockwood confrontera à celle – pour violon électroacoustique – de Pierre Boulez, à Radio France en mai 2005. Le solo constitue, pour Didier Lockwood, un laboratoire de recherche privilégié, autour du violon, mais aussi vers d'autres territoires instrumentaux – saxophone, trompette, déjà appréhendés quand il était enfant, parfois piano –, qui lui permettent d'élargir sa palette de timbres, phrasés et climats. Affranchi des contraintes techniques, le virtuose repousse les limites de son instrument emblématique, que celui-ci soit acoustique ou électrique : peu importe la forme, c'est à la même poésie que puise son inspiration buissonnière. Sur scène, il mène ses investigations en temps réel, à l'aide de séquenceurs, échantillonneurs, pédales d'effets... Sous ses doigts, la technologie prend une texture organique, débusque de mystérieuses mélodies. Le solo est aussi, pour Lockwood, un carnet de voyage qui intègre les multiples facettes du violon butinées aux quatre coins du monde durant trente années de carrière. Résonances africaines, balkaniques, indiennes, japonaises, etc. : absorbant véritablement la diversité des éléments, la singulière identité du musicien calaisien fait de lui non pas un banal compilateur de sons, mais l'incomparable glaneur d'une émotion universelle.

Les spectateurs applaudissent chaque fois la beauté onirique de la pièce Les Mouettes, une des premières pierres que l'ancien protégé de Stéphane Grappelli a posées au début de son travail en solo, et qui a abouti, en 1996, à la création d'un concerto en trois mouvements. Par son approche unique, le compositeur et homme-orchestre met à jour une sorte de musique de chambre des temps modernes, que ne cesse d'irriguer sa passion pour l'improvisation.

Fara C.

[extrait des notes de programme]