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Manuel Rocheman Trio

Domaine privé Martial Solal (04/03/2003)

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Sans jamais se donner des allures de pédagogue, Solal a toujours accueilli chaleureusement les jeunes pianistes improvisateurs qui sollicitent ses conseils. C'est un peu malgré lui que depuis quelques années, le « Concours Martial Solal » est devenu l'équivalent jazzistique des grandes compétitions inaugurées dans le domaine du piano classique par Marguerite Long ou Clara Haskil. Manuel Rocheman est sans doute le meilleur des « non-élèves » qui ont profité des leçons informelles d'un « maître » qui, sans doute, éclaterait de rire au nez de celui qui lui servirait ce vocatif. D'ailleurs à part ses qualités techniques très exceptionnelles (une articulation idéale, une sonorité profonde et veloutée qui ne doit rien à l'usage facile des pédales) rien dans le jeu de Rocheman ne rappelle celui de Solal. C'est à partir d'une synthèse parfaite entre le lyrisme de Bill Evans et de Keith Jarrett, le toucher gracieux d'un Chick Corea et le swing harmonieux de Herbie Hancock que ce pianiste aussi modeste dans ses rapports humains que flamboyant au clavier a imposé son propre style, d'une rare qualité « vocale ». Il ne fait aucun doute que Manuel Rocheman aurait pu être un grand chanteur, et peu de pianistes de sa génération méritent ce compliment suprême.

Gérald Arnaud

[extrait des notes de programme]