> Dossiers pédagogiques > Repères musicologiques > Jazz

Marcel Azzola & Lina Bossatti

Territoires d'accordéon (30/11/1996)

 Ecouter le concert

Formé en 1982, le duo qui associe Lina Bossatti et Marcel Azzola a été immortalisé par un disque, enregistré en juillet 1993, qui a paru sous le titre de « Musique à la mode ». Rien, pourtant, dans ce recueil ne relève des succès du hit-parade ou des tendances contemporaines, et c’est probablement comme un pied de nez à l’image désuète de l’accordéon, dont Marcel Azzola s’est fait un inlassable contempteur, qu’il faut l’entendre. A moins que cette désignation ne veuille souligner combien la musique est jouée par ces deux interprètes « à leur mode », marquée du sceau de leur personnalité et de leur expérience. « Jazz, musique savante ou populaire, de genre ou de salon, de danse ou expérimentale, ces notions ne comptent plus sous leurs doigts » écrivait alors Pierre Gervasoni dans le livret de l’album, à propos d’un répertoire dont plusieurs morceaux sont communs au concert donné à la Cité de la musique. S’y retrouvent juxtaposés, en effet, des pièces de la main de Marcel Azzola comme Formule 1 (cosigné par Pascal Groffe) ; des airs co-écrits avec des figures de l’accordéon populaire, comme Made in Valse (avec Armand Lassagne) et Caprice Mazurka (André Astier) ; des chansons associées au souvenir de Brel (qu’Azzola accompagna pendant plus d’une décennie) au sein un medley intitulé Evocation Jacques Brel ; des pièces composées par des musiciens parmi ses proches, comme Flamenco-valse du guitariste Marc Fosset et Endeka du contrebassiste Patrice Caratini, deux jazzmen avec lesquels Azzola a longtemps formé un trio au confluent du jazz et de la musette ; d’autres écrites spécifiquement pour le duo comme Musique à la mode (Jean-Pierre Chalet) et Piécette pour duo (Martial Solal), traversées d’influences savantes ; une transcription de la Rhapsody in Blue de Gershwin dans laquelle l’accordéon se substitue à la clarinette. Le concert se termine par L’Accordéoniste, titre emblématique s’il en est, chanson marquée par l’interprétation d’Edith Piaf à qui, en 1994, Marcel Azzola avait rendu hommage dans un album du même nom.

Vincent Bessières