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Concerts enregistrés

Eric Legnini

© Dalle APRF

Né à Huy (Belgique) le 20 février 1970.

Apprécié pour ses talents d’accompagnateur et sa maîtrise talentueuse de l’idiome du jazz moderne, Eric Legnini a affirmé en leader une personnalité ouverte à un large éventail d’influences, qui s’étendent bien au-delà de l’affection qu’il manifestait initialement envers les pianistes du soul jazz.

Sa mère est professeur de chant lyrique au conservatoire d’Huy, son père guitariste amateur. Il suit un enseignement académique en solfège et piano depuis l’âge de six ans. À douze ans, il découvre le jazz et sympathise avec le batteur Stéphane Galland, futur fondateur du groupe Aka Moon, auquel il fera régulièrement appel pour son trio à ses débuts, et qu’il retrouve dans le groupe Nasa-Na au côté du bassiste Michel Hatzigeorgiou. Persuadé qu’une carrière de concertiste lui est inaccessible, il quitte la Belgique pour New York et se consacrer au jazz en 1988. Il y suit des cours avec Richie Beirach, sympathise avec Dave Kikoski et découvre Kenny Kirkland qui sera pendant longtemps l’un de ses références majeures.

Revenu au pays natal, Eric Legnini s’impose rapidement comme un pianiste de grand talent. Professeur au Conservatoire royal de Bruxelles, il signe un premier album en trio, travaille avec le saxophoniste Jacques Pelzer, figure historique de la scène be-bop belge, collabore avec Joe Lovano et accompagne pendant plusieurs mois l’harmoniciste Toots Thielemans. En 1992, il fait la connaissance de Flavio Boltro et Emanuele Cisi, adeptes d’un néo-bop qui trouve en Italie certains de ses meilleurs représentants. Par leur biais, il rencontre leur compatriote saxophoniste Stefano Di Battista avec qui débute une collaboration de longue haleine (Volare, 1995 ; A Prima Vista, 1998) dont le succès l’amène à résider de manière régulière en France où il travaille également avec Eric Le Lann, les frères Belmondo, André Cecarrelli… Son style, inspiré principalement de Herbie Hancock, Chick Corea et Bill Evans, en fait un accompagnateur recherché ; sa flexibilité et ses compétences d’arrangeur lui permettent d’œuvrer en parallèle à l’élaboration de disques de variétés (Serge Reggiani, Henri Salvador, Claude Nougaro…) ou de projets orientés vers le groove où il a recours au piano électrique Fender Rhodes (DJ Cam, Tassel & Naturel). En 2003, il participe au disque Wonderland de Stéphane Belmondo sur des chansons de Stevie Wonder.

Opérant une sorte de mue stylistique encouragée par ses confrères Dado Moroni et Alain Jean-Marie, il affirme avec une trilogie d’albums (Miss Soul, Big Boogaloo et Trippin’ enregistrés entre 2005 et 2007) un intérêt grandissant pour les pianistes du soul jazz et une certaine école noire du piano funky, marquée par le blues et le gospel, mettant en avant, au travers de reprises et dédicaces, deux figures en particulier, Phineas Newborn et Les McCann. Prenant pour base son trio avec le batteur Franck Agulhon, il élargit par la suite le champ de son expression à d’autres influences extra-jazzisitiques, de l’afro-beat à la folk en passant par la chanson pop, en signant des albums produits par ses soins dans lesquels il convie des vocalistes venus d’horizons très différents : l’Américaine Krystle Warren (The Vox, 2011), le britannique Hugh Coltman, la malienne Mamani Keita et l’américano-japonaise Emi Meyer (Sing Twice, 2013), deux disques qui reçoivent un accueil radiophonique et public important et lui permettent d’apparaître comme un musicien de premier plan.

Vincent Bessières

(Juin 2013)