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L’évolution de la musique au moyen âge : l'émergence de la polyphonie - l'organum

L’époque de Notre-Dame

Pluteus 29Manuscrit Pluteus 29 © Florence, Biblioteca Laurentiana

La période qui voit à la fois la fondation de l’université de Paris et la construction de la cathédrale Notre-Dame se distingue particulièrement dans l’histoire de la musique occidentale parce qu’elle a laissé pour la première fois un large répertoire polyphonique transmis par d’importants manuscrits. Un magnus liber (grand livre) contenait au XIIIe siècle les pièces en usage dans la cathédrale. Aujourd’hui perdu, il peut être en partie reconstitué par des recoupements entre d’autres sources musicales (en particulier des manuscrits de Wolfenbüttel et le manuscrit Pluteus 29 de Florence). L’importance de ce qu’on nomme parfois encore l’École de Notre-Dame réside précisément dans le fait d’avoir élaboré un système de notation des durées plus performant qu’auparavant : les modes rythmiques. Fondé sur des successions de ligatures, ce système établit six grands types de répartition de deux valeurs principales, la longue et la brève, et offre des possibilités d’écrire des rythmes relativement variés, mais uniquement ternaires. Attribués en partie à Léonin et Pérotin, deux noms qui nous sont connus grâce à un traité anonyme, les organa (par exemple : Cadit custos) et conduits (par exemple : Procurans odium, Si mundus viveret, Vetus abit litera) de l’époque de Notre-Dame sont écrits principalement à deux et trois voix, exceptionnellement à quatre. Ils témoignent alors d’une grande maîtrise comme le montre le magistral Viderunt omnes de Pérotin.