Créateurs inspirés, Stravinsky, Messiaen, Dutilleux, Boulez, Xenakis
et Berio, présents au travers des concerts enregistrés à la
Cité de la musique, reflètent les multiples courants et tendances
du XXe siècle. Entre néo-classicisme et avant-garde, chacun de ces
compositeurs cultive un pluralisme stylistique à la lueur de mots d'ordre
progressistes, de manifestes esthétiques ou d'avancées technologiques.
Quatre générations de compositeurs au service de la modernité
se succèdent. Fer de lance du XXe siècle, la modernité marque
une rupture avec l'histoire où les nombreux conflits internationaux dévoilent
des attitudes radicales et des gestes audacieux allant jusqu'à la tabula
rasa. Compositeur russe protéïforme, Igor Stravinsky inaugure avec
le
Sacre du Printemps une nouvelle esthétique qui privilégie
la puissance rythmique et la force dramatique. Nés respectivement en 1908
et 1916, Olivier Messiaen et Henri Dutilleux se fondent sur un langage très
personnel empreint de lyrisme (Henri Dutilleux : Ainsi la nuit) et de correspondances
synesthésiques (Olivier Messiaen :
Quatuor pour la fin du temps).
Vient ensuite la génération suivante des compositeurs nés autour
de 1925 avec Iannis Xenakis, Pierre Boulez et Luciano Berio qui prônent l'élargissement
de la matière sonore.
Sensibilisé par la conquête de l'espace sonore, Pierre Boulez développe
le rôle de la lutherie électronique dans
Répons. Architecte
et compositeur, Iannis Xenakis est l'un des premiers à croire aux vertus
de l'art-science et élabore de gigantesques spectacles multimédia
(La Légende d'Eer). Fondateur du studio de phonologie de Milan,
Luciano Berio s'intéresse aux prouesses vocales contemporaines tout en travaillant
sur les nouvelles formes de virtuosité, dans l'ordre d'un au-delà
de l'instrument romantique (Sequenza I).