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Pièces les plus emblématiques du musée

Harpe chromatique, Pleyel Wolff & cie, Paris, vers 1900  

Numéro d'inventaire : E.983.8.1

Harpe chromatique, Pleyel Wolff & cie, Paris, vers 1900, E.983.8.1
© Cité de la musique - Photo : Jean-Marc Anglès

Barcarolle, Mario van Overeem ; Vanessa Gerkens, harpe chromatique, Harpe chromatique, Pleyel Wolff et Cie,E.983.8.1

Cette harpe, munie du système Gustave Lyon, est l’aboutissement de recherches incessantes menées par les luthiers, au fil des siècles, pour rendre la harpe entièrement chromatique et faciliter ainsi le jeu instrumental, c’est-à-dire augmenter la rapidité et stabiliser l’accord.

En 1894, à la demande de plusieurs musiciens, Gustave Lyon (1857-1936), directeur de la maison Pleyel, dépose un brevet pour un nouveau modèle de harpe sans pédale baptisée « harpe chromatique ». Les altérations ne sont plus obtenues par une modification de la longueur vibrante de la corde, mais par l’adjonction d’un second plan de cordes qui croise le premier de manière à reproduire la disposition des touches blanches et noire du piano.

Pour supporter cette grande tension, la console et la colonne sont construites en métal et les 78 cordes ne sont plus accrochées à la table mais à un sommier métallique situé à l’intérieur de la caisse de résonance (les progrès faits par la métallurgie au même moment permettent l’utilisation d’un alliage plus léger).
Des chevilles micrométriques dites « Allibert » (les mêmes se retrouvent sur les clavecins Pleyel) rendent aussi l’accord beaucoup plus aisé.

 Pour promouvoir son instrument, la maison Pleyel commande un certain nombre d’œuvres, dont les Deux danses pour harpe et orchestre à cordes (1904) de Claude Debussy (1862-1918). La même année, une classe de harpe chromatique est créée au Conservatoire de Paris.

En dépit de ces avancées technologiques, l’instrument ne sera pas adopté par les musiciens, très attachés au système Erard.