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Pièces les plus emblématiques du musée

Harpe, Jean Henri Naderman, Paris, 1787

Numéro d'inventaire E.2002.13.3

Harpe, Jean Henri Naderman, Paris, 1787, E.2002.13.3 
© Cité de la musique - Photo : Jean-Marc Anglès

Cette harpe, d’un modèle spécial fabriquée par le célèbre luthier Jean Henri Nadermann, représente  un trésor rarissime de la collection du Musée : seuls cinq autres exemplaires sont connus dans le monde. Grâce à la conservation remarquable du système de sourdines, dans l’état d’origine, l’instrument témoigne d’une étape décisive de son évolution.

La facture si particulière de cette harpe est associée aux expériences réalisées dans les années 1780 à Paris, par le duo composé du facteur Naderman et du harpiste renommé, Krumpholz. Ensemble, ils améliorent les ressources instrumentales de la harpe, par deux inventions majeures :

. Un système de cinq volets d’expression mobiles (système dit « à renforcement ») sur la caisse de résonance, dont l’ouverture est actionnée par une pédale supplémentaire, située comme les autres pédales, dans la cuvette.      

.  Un ingénieux système d’étouffoirs, ou sourdines, est commandé par une deuxième pédale supplémentaire. Le son de la harpe est transfiguré et considérablement enrichi. Désormais, les effets de vibrato et de sourdine sont possibles, tout comme les nuances les plus contrastées.

Les fines sculptures qui ornent la console, toutes en érable vernis brun rouge avec des rehauts de dorure, sont similaires aux autres harpes fabriquées à l’époque par Naderman (frise de feuilles de laurier se terminant en volute d'acanthe) ; de même que le décor peint sur la table d’harmonie.

Néanmoins un sujet étonne : une figure de faune accompagnée d’instruments de musique groupés en trophée, situés en dessous de la volute, composent un décor insolite et rare. L’ensemble est rehaussé d’une gamme de dorure raffinée (or brillant, or mat, or jaune, or vert).