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Histoire de l'instrument

La harpe en musique



Les premiers exemples d’une musique notée pour la harpe apparaissent en Italie à la fin du XVIe siècle. Claudio Monteverdi  utilise une harpe double « arpa doppia » en soliste pour accompagner, au troisième acte d’Orfeo  le chant de son héros (1607).

Jusqu’au milieu du XVIIIe, beaucoup d’œuvres portent la mention « clavecin ou harpe » de sorte qu’il est délicat de parler de « répertoire pour harpe » pour les transcriptions ou les pièces à caractères pédagogiques.

A partir de la deuxième moitié du XVIIIe siècle, la harpe connaît une vogue croissante. Elle s’épanouit d’abord en solo au sein des salons que tiennent les grands de la noblesse et de la finance, accompagne la voix, puis rivalise avec les claviers, la flûte ou le violon dans la musique de chambre.

Le répertoire de la harpe est encore destiné à un instrument à simple mouvement auquel Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788) consacre une pièce en trois mouvements (Solo, 1762). De même, Mozart (1756-1791), de passage à Paris, écrit pour Melle de Guînes, célèbre harpiste, son  Concerto pour flûte et harpe k 299 (1778).

Mais les contributions principales reviennent aux grands harpistes de l’époque, notamment le plus célèbre d’entre eux, Jean Baptiste Krumpholtz (1742-1790), qui est également à l’origine de divers aménagements apportés à la harpe. Comme Mozart, il dédicace son Recueil de Douze préludes et petits airs, opus 2 à Melle  de Guînes. Johann Ludwig Dussek (1760-1812) et Louis Spohr (1784-1859) ont également laissé des œuvres importantes, inscrites au répertoire de la harpe.

Au XIXe siècle, les qualités incontestables de la harpe à fourchettes et à double mouvement d’Erard lui permettent de s’intégrer plus systématiquement à l’orchestre. Hector Berlioz (1803-1869) introduit des parties de harpes dans sa Symphonie fantastique (1830) et dans Harold en Italie (1824). Richard Wagner (1813-1883), Piotr Illitch Tchaïkovski (1840-1893) dans Le Lac des cygnes ou Gustav Mahler (1860-1911) la traitent comme un instrument à part entière de l’orchestre symphonique.
 Parallèlement, la virtuosité du répertoire soliste est illustrée par la production du compositeur et harpiste Elias Parish-Alvars (1808-1849).

Les compositeurs français du XXe siècle s’attachent à explorer les timbres de l’instrument. C’est dans la musique de chambre, principalement française, que le répertoire pour harpe s’enrichit. Claude Debussy (1862-1918), écrit ses Deux danses pour harpe et orchestre à cordes (1904) pour la harpe chromatique inventée par la maison Pleyel, puis la Sonate pour flûte, alto et harpe (1915) ; Maurice Ravel (1875-1937), Introduction et allegro pour harpe (1906), Albert Roussel (1869-1937), Joueurs de flûte (1924) et Jean-Michel Damase (1928-) lui consacrent des œuvres solidement ancrés au répertoire.

Dans les années 1970, en France, le renouveau de la musique celtique favorise la redécouverte de la harpe irlandaise. Le chanteur breton Alan Stivell (1944-) remporte un vif succès  à la sortie de  son album Renouveau de la harpe celtique (1971), dans lequel il joue sur une harpe amplifiée. Ce modèle s’intègre aussi dans les musiques contemporaines, pop-rock et  jazz.