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Histoire de l'instrument

La harpe à pédales





Air suisse varié, Beethoven, concert Cité de la musique, 4 novembre 1995, Harpe, Erard et Cie, Paris, 1874, D.OAR.240.M.N.R.

La harpe ne connait son réel développement qu’au début du XVIIIe siècle : de diatonique, elle devient chromatique afin de répondre aux exigences du répertoire.

Cette évolution se fait en deux temps : l'apparition de la harpe à simple mouvement (des années 1720 aux années 1800) qu’on pourrait appeler « semi-chromatique », puis l'invention par Sébastien Erard de la harpe à double mouvement qui devient pleinement chromatique.

En 1728, un luthier bavarois Jacob Hochbrucker (1673-vers 1763) présente à la cour de Vienne une invention capitale, laquelle est accueillie à Paris en 1749 : la première harpe à pédales.

Elle comporte dorénavant 7 pédales (une par note) dont le mouvement est transmis, par l’intermédiaire de triangles logés dans la colonne, à des mécaniques à crochets qui raccourcissent toutes les cordes de la longueur équivalente à un demi-ton. La harpe est alors accordée en bémols et l’action des crochets permet d’atteindre les bécarres, mais pas les dièses.

Vers 1780, les luthiers Cousineau mettent au point la mécanique à béquilles qui pincent la corde sans que celle-ci ne sorte de son plan initial. Mais ce nouveau système entraîne souvent la rupture de la corde. Ils tentent alors une amélioration grâce à un système de  chevilles tournantes.

Sébastien Erard (1752-1831) brevète en 1794 le système à fourchettes qui a l’avantage de laisser la corde parfaitement parallèle aux autres cordes et libres de tout mouvement latéral dans le plan vertical.

C’est encore Sébastien Erard qui apporte en 1811 le dernier perfectionnement à l’instrument, qui n’a guère évolué depuis : le double mouvement. Ce système permet à chaque corde de subir deux altérations (dièse et bémol) : la harpe moderne est née.

Depuis, la conception actuelle de la harpe n’a pratiquement pas bougé. Les progrès technologiques, l’apparition de nouveaux matériaux au XXe siècle ont permis néanmoins une amélioration notable de l’instrument et une standardisation d’un produit artisanal.

Les entreprises Lyon-Healy et Salvi concourent à la maîtrise de la fabrication : fiabilité, justesse, mécanique, vieillissement de l’instrument ont été améliorées et permettent l’exportation des harpes sous tous les climats et tous les continents.

La lutherie électrique, électroacoustique et numérique n'a pas délaissé ce type d'instrument. Salvi et Camac commercialisent des harpes électriques et numériques. La petite harpe celtique a conquis la musique pop-rock et s'est aussi amplifiée.