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Pièces les plus emblématiques du musée

Harpe, Tonkin? 1881 ?  Numéro d'inventaire : E.920


Harpe, Tonkin? 1881 ? E.920
© Cité de la musique - Photo : Claude Germain

Cette jolie harpe diatonique à 32 cordes n’a pas fini de livrer ses secrets : son histoire, encore hypothétique, fait l’objet de passionnantes recherches.  

Passée inaperçue depuis de longues années (à cause d’une erreur d’inventaire), elle aurait intégré la collection vers 1880-1881. Dans le catalogue de Gustave Chouquet, elle figure sous le nom de « Harpe annamite » et, nous dit l’auteur, « a été rapportée du Tonkin par un missionnaire espagnol (l’abbé Lozano) et semble plutôt une imitation de harpe européenne qu’un instrument original. La forme de la large table d’harmonie n’en mérite pas moins d’être remarquée. »  

 Il semblerait que l’instrument ait été construit aux Philippines au début du XIXe siècle, où une tradition de harpe, introduite au XVIe siècle par les espagnols, existe encore aujourd’hui.  

La table d’harmonie est en bois résineux aux fibres larges et rougeâtres tandis que la colonne et la console sont en bois exotique de couleur acajou. Les chevilles d’accord disposées sur la console sont en acier et masquées des deux côtés.  

Les cordes, pour la plupart en soie, quelques unes torsadées parmi les plus fines et filées soie sur soie pour les plus épaisses.  

Le décor de l’instrument est soigné : des miniatures chinoises peintes ornent le chapiteau et la base de la colonne torse. Les arêtes de la console sont rehaussées de filets dorés peints. De nombreux idéogrammes inscrits à la peinture dorée restent encore à traduire.