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Pièces les plus emblématiques du musée

Harpe kundi, anonyme, République démocratique du Congo, fin XIXe - début XXe siècle, population Zandé  Numéro d'inventaire : E.996.32.1


Harpe kundi, anonyme, République démocratique du Congo, fin XIXe - début XXe siècle, population Zandé, E.996.32.1
© Cité de la musique - Photo : Thierry Ollivier

Sous le nom de Kundi, cette petite harpe arquée à cinq cordes, en parfait état de conservation, est caractéristique de la facture zandé. 

La caisse de résonance en bois naviforme, cintrée en son milieu, est entièrement recouverte d'une peau de céphalophe percée de deux ouïes circulaires L'unique couture médiane de la peau sur le dos de la caisse, témoigne du savoir-faire et du soin particulier apportés à cet instrument.  

A l'extrémité d’un large manche coudé, est sculpté un délicat visage féminin surmonté d'une coiffe évasée et rejetée en arrière et qui se termine en une sorte de chignon.  

Les cinq cordes en fibre végétale viennent s'enrouler autour de petites chevilles dentelées.  

Elle se tient verticalement, le dos de la caisse contre la poitrine et le manche dirigé vers l’extérieur.  

La harpe kundi appartient à la grande tradition des harpistes zandé, musiciens des cours royales de jadis qui l’utilisaient pour chanter les épopées guerrières, les louanges du roi et l’histoire des clans ou mais aussi pour contester dans une critique sociale, la parole du royaume.

L’instrument a aujourd'hui pratiquement disparu en pays zandé : la colonisation, l'évangélisation des pays d’Afrique centrale, les flux migratoires ont profondément affecté les structures sociales, culturelles et identitaires de ces populations.