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Histoire de l'instrument...

Les usages



La harpe a joué un rôle important dans toutes les cultures africaines. Elle fut en Inde l’instrument de référence pour expliquer la théorie musicale ancienne. Inhérente au mode de vie traditionnel dans la plupart des régions du continent africain, elle est investie d'une fonction rituelle ou récréative en de nombreuses occasions qui rythment l'existence de l'individu ou du groupe. La harpe arquée s'y est essentiellement développée en Afrique centrale au sein des traditions musicales variées.

En Ouganda, la harpe ennanga accompagne les chants et récits relatant les épopées guerrières comme les louanges du roi. Elle occupait une place prépondérante à la cour.

La harpe kundi est investie d'un rôle reconnu au sein du peuple zandé : elle n’est pas l’apanage des hommes. On la joue, seule ou en dialogue, pour soi ou pour un public restreint, quelquefois pour accompagner un rituel ou une danse.

Au Gabon, la fonction rituelle et religieuse prédomine : elle préside aux rituels d'initiation (bwiti) et aux cérémonies de guérisons collectives. Jadis instrument des populations forestières (Ngbaka), la harpe ngombi accompagnait les rites de chasse et honorait les génies de la forêt.

Instrument roi de la musique mandingue, la kora, est l'instrument de musiciens professionnels, les griots. Etroitement associé aux clans royaux, le griot jouissait autrefois de privilèges qui donnaient à sa parole une autorité incontestée.

Tous ces exemples illustrent le rôle et le statut privilégiés du harpiste africain, qui, le plus souvent, est à la fois musicien et luthier.

En Asie, la tradition musicale de la harpe est aujourd'hui moins affirmée et contrairement à la harpe africaine, elle est jouée en orchestre. La harpe arquée saung-gaunk de Birmanie fut l’instrument de prédilection des dynasties royales ; de nombreux princes, hauts dignitaires et musiciens de cour participèrent à son développement. Elle y est encore jouée au sein d’orchestre.