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Histoire de l'instrument...

Quelques harpes africaines

  Allalake, M'bady Kouyate, Sekou Kouyate, kora, concert, cité de la musique, 16 octobre 1999

 





 

Les harpes du continent africain sont regroupées en deux régions : en Afrique de l’Ouest (Sénégal, Mali, Guinée, Burkina Faso, Côte d'Ivoire) et en Afrique centrale (Ouganda, République Démocratique du Congo, République centrafricaine, Tchad, Cameroun, Gabon).

Elles se sont propagées sous une grande variété de formes et de dimensions, adoptant, selon les régions, des appellations différentes  pour nommer le même instrument ou, à contrario, un même nom pour désigner des harpes aux formes distinctes. Certaines caractéristiques organologiques communes méritent d' être mentionnées, dont une propre à la famille des harpes (et qui la distingue des lyres) : la disposition du plan des cordes qui est toujours perpendiculaires à celui de la  table d’harmonie.

 La harpe arquée, prépondérante en Afrique, est jouée horizontalement ou verticalement, rarement avec un plectre.

Les harpes d’Afrique de l’Ouest :

la plupart des harpes de cette région, que les spécialistes désignent sous le nom de « harpes-luths »,  présentent une caisse hémisphérique en calebasse, prolongée par un manche droit ; les cordes reposent sur un chevalet vertical et leur nombre est très variable selon les régions.

. Les harpes bolon des Senoufo possèdent trois ou quatre cordes tandis que les grandes kora du Sénégal sont munies d’un faisceau de vingt et une cordes.  
 
  . Les harpes à la caisse en bois rectangulaire sont fabriquées plus au sud, dans la zone forestière.
 
  . Les harpes ardin de Mauritanie, sont jouées par les femmes : le chevalet horizontal, qui fait aussi office de cordier, relie la base du manche à l'extrémité de la caisse.

Les harpes d'Afrique centrale

elles sont réparties au sein d'une vaste étendue se déployant depuis la région des grands lacs jusqu'au Gabon et leur distribution géographique longe certains des grands fleuves qui traversent le cœur du continent.

Elles sont constituées le plus souvent d’une caisse en bois ovale, naviforme ou rectangulaire, recouverte d'une peau cousue sur le dos de l'instrument.

Nombre de ces harpes possèdent cinq cordes, accordées selon un système pentatonique largement répandu en Afrique subsaharienne. En Ouganda et au Gabon, elles en ont huit, tandis que dans le sud tchadien, comme au Cameroun, elles peuvent en compter jusqu'à douze.

Trois types principaux peuvent être distingués en fonction des différents modes de fixation du manche à la caisse :

  . Les harpes ennanga de l'Ouganda : le manche prend appui dans le fond de la caisse. Ce type ne s’est pas diffusé.  

  . Les harpes kundi : elles sont munies de cinq cordes et le manche est emboîté dans la caisse. Elles se rencontrent au sein de nombreuses populations de la République centrafricaine et du nord de la République démocratique du Congo (Zandé, Nzakara, Banda, etc.). Elle existe aussi sous d'autres noms au Tchad comme au Cameroun. En République centrafricaine et République démocratique du Congo, la caisse en bois épouse des formes variées  

. Les harpes ngombi : le manche repose sur le sommet de la caisse, relié à une protubérance, sculptée ou non. Ce type ne se rencontre qu’à l'ouest de la République centrafricaine et au Gabon où la harpe possède de sept à huit cordes.