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Les vièles d'Orient

Pièces emblématiques

Histoire de l'instrument

Pièces les plus emblématiques du musée

Vièle sarangi, anonyme, Inde, XVIIe siècle Numéro d'inventaire : E. 1403


Vièle sarangi, anonyme, Inde, XVIIe siècle E.1403
© Cité de la musique - Photo : Albert Giordan

Cette vièle du Musée de la musique, muni de quatre cordes en boyau, est somptueusement décorée. Sa taille, comme sa forme et l'absence de toute corde sympathique, semblent indiquer qu’elle date date du XVIIe siècle.  L'exceptionnelle qualité de sa facture laisse supposer qu’elle a été réalisée pour un personnage de haut rang ou un musicien de cour particulièrement apprécié.

Le sarangi, comme toutes les vièles de cette région du monde, a la particularité d'être taillé dans une seule pièce de bois. Il se compose d'un cheviller massif, d'un manche creux, rectiligne et d'un résonateur allongé et cintré en son milieu.

Le cheviller et la touche sont ici rehaussés de placage d'ivoire délicatement peints de motifs floraux et d'oiseaux rouge et vert. Au-dessus de l'arcade ouverte dans le chevillier, un relief en ivoire sculpté représente trois divinités : le fils du dieu Shiva, Murigan, avec son vahana (« véhicule »), le paon, entouré de ses deux épouses. Au-dessus est peinte une déesse, probablement Kali. De part et d'autre de l'ornement sommital, sont représentés deux perroquets, en ivoire peint. Le style du relief sculpté laisse penser que cet instrument ancien pourrait être originaire du sud de l'Inde (région du Tamil Nadu).

La sonorité émouvante du sarangi s'apparente au timbre de la voix et dès son apparition, il s'impose comme l'instrument de prédilection pour accompagner le chant. Il demeure longtemps le compagnon de route de bardes itinérants qui sillonnent les quatre coins de l'Inde.  

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, les joueurs de sarangi deviennent les professeurs et accompagnateurs des danseuses-courtisanes très prisées des milieux aristocratiques, et contribuent à la vitalité des arts de la scène. Un siècle plus tard, la nouvelle société anglo-indienne, empreinte de l'esprit puritain de l'Angleterre victorienne, met au ban de la société ces courtisanes et, par voie de conséquence, le sarangi. Tardivement réhabilité et représentant aujourd'hui une tradition très affaiblie, le sarangi a retrouvé sa fonction d'accompagnement auprès des chanteurs de Khyal. Il est également devenu, au cours du XXe siècle,  un instrument soliste à part entière.

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