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Histoire de l'instrument...

Diffusion des vièles en Orient






Les vièles se sont propagées aux quatre coins du monde. Leur morphologie et leur usage ont favorisé leur diffusion.

A travers le continent asiatique, elles empruntèrent les grandes voies de communication que furent la route de la soie et celle des épices. Elles s’établirent en de solides traditions depuis l’Asie mineure jusqu’en Extrême-Orient sous des noms et des formes d’une grande variété : kamanche, sarinda, sarangi, rabab, kamanche, morin huur, erhu, Dan nhi.  

Moyen-Orient :  

la vièle à pique kamanche  est l’un des instruments importants de la musique persane. Le nom apparaît dès le Xe siècle ; l’instrument circule par l’Anatolie jusqu’à Bysance au XIe et XIIe siècle. Il apparait en Iran autour du  XVe siècle. Elle est présente sous des formes légèrement différentes en Turquie comme en Egypte sous le nom rababa, en Irak et dans le nord de l’Afghanistan elle est appelée Joze (ou djozé). Au cours de l’expansion de l’Islam, différents types d’instruments à cordes portant le même nom de rabab apparaissent dans le monde arabe.

Le rabab d’Afrique du Nord (Tunisie, Algérien, Maroc) désigne une petite vièle, monoxyle  à la facture élaborée et stylisée. Elle serait à l’origine de la vièle, ou rebec, qui a pénétré en Europe occidentale et domine les instruments à archet au Moyen Age.  

La petite vièle à manche court appelée kemançe, proche du rabab arabe, s’est répandue largement en Turquie. L’instrument que l’on trouve à l’Ouest du pays est très proche de la lyra grecque.  

Asie centrale :  

le terme générique mongol huur désigne l’ensemble de la catégorie des instruments à cordes (ou cordophones) et morin huur signifie plus précisément un Huur à tête de cheval. L’origine de cette vièle semble remonter à l’époque où Kubilaï Khan, le petit fils de Gengis Khan, devint Empereur de Chine et fonda la dynastie Yuan (1271-1368). Les peuples nomades de ces vastes régions qui jouaient principalement des instruments à cordes pincées, connurent alors un fort développement culturel et l’apparition des cordes frottées serait concomitante à ces transformations socio-économiques.  

Le même type de vièle que le kamanche iranien s’est répandu en Arménie (K’amancha), dans les pays caucasiens, en Géorgie (kemanche) ainsi qu’en Azerbaïdjan (il est mentionné dans un texte de Nezami Ganjavi, 1141-1203). En Ouzbékistan comme au Kazakhstan ou encore au Kirghizistan, cette vièle est appelée ghichack.    

Asie du Sud :

les différents types de vièles que l’on rencontre sur le sous-continent indien, sont pour la plupart issus de traditions rurales autrefois essentiellement joués par des bardes itinérants et le plus souvent en marge des traditions savantes propres aux cours princières. La sarinda, proche du sorud du Balouchistan, est connue jusqu'aux confins du Nord-Est de la péninsule et de la frontière birmane.

La vièle la plus répandue dans la moitié nord de l'Inde est probablement le sarangi. Le terme est mentionné pour la première fois dans une légende jaïn datée du XIe siècle. Comme toutes les vièles de cette région du monde, il a la particularité d'être taillé dans une seule pièce de bois.

Le groupe de cikara, petites vièles aux formes variées, se propage également aux quatre coins du sous-continent indien.

En Indonésie, le rebab désigne une petite vièle à pique jouée au sein d’orchestres principalement composés de gongs et de métallophones et plus connus sous le nom de gamelan.

Extrême-Orient :  

la vièle à deux cordes de type erhu a été largement diffusée en Extrême-Orient et se décline en une famille d’instruments de tailles différentes. Son ancêtre directe, le xiqin, fut introduit dans la Chine Han probablement au début du Xe siècle. Sa présence est attestée à la même époque au Vietnam où il est appelé dan co ou dan nhi. Il existe également en Corée sous le nom haegum.

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