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Histoire de l'instrument...

Les violons insolites

 








 

Le violon est considéré, depuis son origine au début du XVIe siècle, comme une invention quasiment parfaite : sa forme a très peu évolué au cours des siècles et tous les grands virtuoses de cet instrument n’ont eu de cesse de vouloir jouer sur les productions des grands maîtres italiens, Amati, Guarneri et surtout Stradivari.  

Toutefois, certains luthiers ont tenté au cours des siècles d’en faire évoluer la facture comme en témoignent quelques violons de la collection du Musée de la musique.  

Déjà, en 1776, le luthier dijonnais Besancenot (XVIIIe siècle) fabriquait un violon en cuivre (E.279), dont la table et la touche sont décorées de trophées gravés. Le manche et le chevillier, en bois, se terminent par une tête de sauvage sculptée.  

Vers 1820, Félix Savart (1791-1841), médecin et acousticien, construit un violon trapézoïdal (E. 372), aboutissement de divers travaux de recherche sur le fonctionnement acoustique des instruments de musique. Cet instrument compte parmi les nombreux essais destinés à égaler, voire surpasser les violons de Stradivari : le modèle trapézoïdal se veut l’adéquation entre une sonorité de qualité et une forme théoriquement parfaite.    

Dans la réalité, le violon se révèle certes agréable à entendre mais peu solide dans le temps. Il n’aura aucun succès auprès des interprètes mais reste néanmoins un témoignage d’expériences scientifiques menées par Savart.  

Le luthier Jean-Baptiste Vuillaume (1798-1875), qui collabore aux recherches de Savart, conçoit lui-même en 1834 des archets en acier creux (E.341 et E. 659) afin de remplacer le bois de Pernambouc, rare et cher, utilisé généralement.  

Cet innovateur insatiable présente à l’Exposition universelle de Paris de 1855 un alto plus large et plus haut en éclisses que l’alto ordinaire, appelé « contralto » (E. 622). Le but est de combler l’échelle sonore entre le violon et le violoncelle. Il ne remporte pas le succès escompté : malgré sa belle sonorité, son maniement est jugé incommode et peu pratique.  

En 1873, un luthier de Bucarest, Thomas Zach (1812-1892), présente à la grande exposition de Vienne, une surprenante famille d’instruments-arpa dont la viola arpa (E.668) du Musée, alto conservant la longueur et l’épaisseur de l’alto classique mais dont le volume de la caisse de résonnance est augmenté par des protubérances marquantes, censées amplifier le son de l’alto.  

Au XXe siècle, l’électrification de certains instruments s’inscrit dans la perspective d’une mutation de la facture instrumentale. Le violon électronique (E.992.14.1) a été conçu par Max Mathews (1926-....) en 1973 pour étudier par simulation les modes de vibration de la caisse du violon. Il permet également de piloter un appareil de synthèse sonore. L’instrument est associé à un système de production et d’amplification qui le rend autonome.

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