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Pièces les plus emblématiques du musée

Clavioline, Selmer, Paris, 1954

Numéro d'inventaire : E.985.14.1


Clavioline, Selmer, Paris, 1954, E.985.14.1
© Cité de la musique - Photo : Albert  Giordan.

Cet instrument, inventé en 1947 par M. Constant Martin, l’un des plus brillants inventeurs français dans le domaine des orgues électroniques, a connu un succès mondial. Le modèle original, qui est présenté ici, est commercialisé en 1954 par Selmer France, puis a été repris par la suite un peu partout dans le monde en licence par les firmes Selmer de Londres, la Gibson company à Kalamazoo dans le Michigan, la Jörgensen Electronic de Düsseldorf.  

Le clavioline est un instrument électronique monodique portable, constitué d’un générateur de sons fondé sur la transposition d’octaves : à partir d’un seul oscillateur, on obtient un potentiel de 5 octaves.

 Il est composé de deux valises : l’une contient les lampes (tubes), l’amplificateur et le haut parleur ; elle génère le son. L’autre contient le clavier (3 octaves et demi) constitué de touches en bois et en ivoire et, sur ce modèle, 18 boutons poussoir de contrôle en fitebake pour contrôler le timbre, le choix de l’octave et l’attaque, ainsi que deux contrôles pour la vitesse de vibrato et l’intensité. Le volume global est contrôlé par un niveau à tirettes placé sous le clavier et actionné avec le genou.  

Le clavioline est conçu pour venir se fixer sous un clavier de piano ou d’orgue afin que l’instrumentiste puisse combiner sons acoustiques de piano et sons électroniques de cordes, de cuivres. Ce principe d’adjonction d’un instrument mélodique à un piano correspond à un besoin chez les claviéristes (tant facteurs qu’instrumentistes) de créer plusieurs sons à partir d’un clavier. Constant Martin, tout comme Georges Jenny pour son ondioline (E. 993.1.1) et sa pianoline (E. 998.5.1)  ou la firme Hammond pour le solovox (E. 994.2.2) s’inscrivent dans la continuité des inventions des siècles précédents et notamment de l’harmonico d’Alexandre François Debain.

Capable d’une étonnante variété de timbres, il est utilisé dans la musique de danse et les variétés après la deuxième guerre mondiale. En 1952, le compositeur Michel Magne (1930-1984), écrit pour un septuor de claviolines. L’instrument est adopté par les musiciens de la pop music. Immortalisé par les Beatles - John Lennon en joue dans Baby you’re a rich man – il crée les effets  spatiaux  des Tornadoes sur Telstar  et intéresse le musicien de jazz Sun Ra (1914-1993).