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Pièces les plus emblématiques du musée

Theremin, R.C.A., Etats-Unis, 1929

Numéro d'inventaire : E.994.2.1

Theremin, R.C.A., Etats-Unis, 1929,
E.994.2.1,
© Cité de la musique - Photo : Jean-Marc Anglès

Inventé par le jeune ingénieur russe Lev Sergeïevitch Thermen en 1919, le theremin (aussi orthographié thérémine, theremine, ou thereminvox) est le premier instrument électronique à connaître le succès et l’un des rares à être encore présent sans avoir subi des transformations majeures.  

C’est aussi le premier à rompre radicalement avec la commande gestuelle effectuée traditionnellement par le clavier. Ici, le musicien contrôle la hauteur et l'intensité de la note jouée en faisant varier la distance de ses mains par rapport aux antennes. Le contact physique entre instrument et musicien n’existe plus.  

L’exemplaire du musée est un des modèles commercialisés par la firme R.C.A. (Radio Corporation of America ) en 1929. Il se compose d’un boîtier électronique équipé de deux antennes. La hauteur de la note est contrôlée de la main droite, en faisant varier sa distance par rapport à l’antenne verticale. L’antenne horizontale, en forme de boucle, est utilisée pour faire varier le volume selon sa distance par rapport à la main gauche.  

Instrument monodique, il équipé d’un système électronique composé d’oscillateurs à battements : le son désiré résulte de la superposition de deux fréquences suffisamment élevées pour, par elles-mêmes, être inaudibles et dont l'une est constante et l'autre variable. L'interférence entre les deux fréquences produit toute une gamme de sons perceptibles. Ce dispositif est appelé hétérodyne.  

Le theremin subit la concurrence des ondes Martenot qui reprennent ce système tout en conservant le clavier. En 1960, le jeune Robert A. Moog réalise une version transistorisée du theremin, qui remporte un vif succès commercial : cela marque la fondation de sa première société « Moog Music » et du « Moog synthetiser » qui devient l’emblème du synthétiseur.  

La première pièce dédiée à l’instrument, Un mystère symphonique, est composé par Andrei Fillipovitch Patchenko, avec l’orchestre philharmonique de Leningrad en 1924.

En 1934, Edgard Varèse écrit Equatorial, une pièce électronique pour le Theremin. En 1945, Bohuslav Martinu compose une Fantaisie pour theremin, hautbois, quatuor à cordes et piano). Des œuvres de compositeurs tels que Grieg, Saint-Saens, Scriabine sont interprétées.  

Quoiqu’en dit la publicité d’époque: "Si vous savez siffler, vous saurez jouer du Thereminvox", ce sont surtout des virtuoses, dont les plus connues à cette époque sont Clara Rockmore et Lucie Rosen, qui lui donnent ses lettres de noblesse. Il nécessite d’authentiques qualités d’interprète pour en jouer avec justesse.  

Le Theremin est aussi très employé pour illustrer des films de science fiction ou de suspense, dont plusieurs drames de Hitchcock : Spellbound (1945), The Lost Week-end (1945), It Came from Outher Space (1953), The Day the Earth Stood Still (1953)