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Pièces les plus emblématiques du Musée

Luth biwa, Anonyme, Japon, XIXe siècle, E. 1758  

 

Luth biwa, anonyme, Japon, XIXe,
E.1758,
© Cité de la musique -
Photo : Jean-Marc Anglès

Le luth biwa est un des instruments emblématiques de la culture japonaise. Cinq instruments anciens datant de la période Nara (710-759), époque à laquelle le biwa fut introduit au Japon, sont conservés parmi d’autres objets au sein du Shōsōin, le sanctuaire des trésors impériaux du Japon.  

Le biwa est un luth monoxyle, piriforme, à manche court. A l’instar du ‘ud, son cheviller est rejeté en arrière, formant un angle très ouvert avec le manche. Il possède le plus souvent quatre cordes (soie, boyau ou nylon) et quatre ou cinq hautes frettes selon les différents types existants. La caisse, très peu profonde, est recouverte d’une épaisse table d’harmonie sur laquelle sont percées deux petites ouïes en forme de demi-lune. Sur sa plus grande largeur, la table est recouverte d’une bande de peau qui la protège des marques occasionnées par le large plectre de bois utilisé pour pincer les cordes.  

Plusieurs types de biwa se sont différenciés au cours de son histoire. Le gakubiwa est l’instrument joué dans la musique de cour gagaku, héritière du répertoire ancien chinois. De nos jours, ce biwa tient le rôle de basse au sein de l’ensemble de gagaku.  

Une autre tradition s’est développée au Japon entre les VIIe et XIIe siècles. Il s’agit de celle des prêtres-mendiants aveugles bouddhiques (mōsō) qui s’accompagnaient de l’instrument, (appelé mōsōbiwa) pour réciter les textes sacrés (sutra).  

Cette tradition donne naissance à une école qui se distingue pour ses chants narratifs et ses récits de légendes. Elle pénètre le monde aristocratique et guerrier des samouraïs et un autre type d’instrument, le satsumabiwa, d’une taille légèrement inférieure à celle du gakubiwa, voit le jour au XVIe siècle.  

Dans le courant de la période Meiji (1868-1912), une nouvelle école, empruntant à la fois aux traditions mōsōbiwa et satsumabiwa, propage jusqu’à nos jours l’art du biwa au-delà du cercle restreint et souvent privé de l’esprit et de l’héritage des samouraïs.