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Pièces les plus emblématiques du musée

Luth sanxian, anonyme, Chine, XIXe siècle, E. 559

 

Luth sanxian,
anonyme, Chine, XIXe, E.559,
© Cité de la musique -
Photo : Jean-Marc Anglès

Le sanxian (littéralement 3 cordes) est un luth à manche long qui apparait en Chine vers le IIe siècle avant J.C. et servira de modèle au luth japonais sanweixian ou shamisen.  

Le long manche ne possède pas de frettes. Il se prolonge à l’intérieur d’une petite caisse de résonance recouverte sur ses deux faces d’une peau de reptile. Le cheviller n’est pas rapporté au manche, il en constitue une extension (caractéristique de la famille des tanbur dont il fait partie). Trois longues chevilles coniques latérales sont fixées obliquement de part et d’autre du chevillier.  

Ce sanxian est monté traditionnellement de trois cordes en soie (de nos jours, elles sont le plus souvent remplacées par le nylon) et possède un dispositif particulier : une sorte de capodastre en os ligaturé sur le manche et qui permet en glissant, d’altérer la longueur des cordes vibrantes et par conséquent de varier la hauteur de l’accord « ouvert ».  

Le large plectre d’autrefois (semblable à celui du shamisen toujours utilisé aujourd’hui) est aujourd’hui beaucoup plus petit mais l’instrument est aussi parfois joué, comme le pipa, avec les doigts. La taille du sanxian varie avec sa région d’origine. Il est plus grand dans le nord que dans le sud de la Chine.  

Le sanxian connait un succès croissant sous les Yuan (1279 – 1328). Présent au sein de divers ensembles instrumentaux (sizhu, nanguan), il occupe essentiellement un rôle rythmique et les répertoires qui lui sont spécifiquement dédiés sont peu nombreux. Il accompagne également les chants narratifs ainsi que l’ancien théâtre classique kunqu.