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Pièces les plus emblématiques du Musée

Luth sitar, Kanailal and Brother, Calcutta, Inde, vers 1930, E. 996.8.3 

 

Luth sitar,
Kanailal and Brother,
Calcutta, 1930, E.996.8.3,
© Cité de la musique -
Photo : Jean-Marc Anglès

Cet élégant sitar aux lignes épurées, a été fabriqué à Calcutta vers 1930 dans le célèbre atelier de Kanai Lal, réputé pour la qualité de sa lutherie. Il a appartenu au musicologue Bimal Roy.

L'exemplaire du Musée de la musique est d'une facture caractéristique des instruments fabriqués au tournant du XXe siècle, notamment pour ce qui concerne la forme des chevilles et des frettes métalliques.

Le manche et la table sont en teck et la caisse de résonance est constituée d'une demie-courge (tumba). Comme la plupart des instruments réalisés par Kanailal, ce sitar est recouvert d'un beau vernis rouge sombre dont il avait le secret. L'instrument est muni de sept cordes mélodiques que supporte un chevalet plat en ivoire, et onze cordes sympathiques.

Au milieu du XVIIIe siècle, l’apparition du sitar, petit luth au manche long et étroit, héritier de la grande famille destanbur d’Asie centrale, attise la curiosité populaire. Sa fonction principale est alors d'accompagner la danse de divertissement nautch très appréciée des riches citadins.

Dans le courant du XIXe siècle, les sitaristes professionnels et amateurs adaptent certaines des techniques de jeu des maîtres de bin et de rabab et développent des styles distincts et un répertoire original. La taille du sitar et le nombre de ses cordes augmentent progressivement et offrent de nouvelles possibilités d'expression qui donnent à l'instrument ses lettres de noblesse. Il deviendra ensuite rapidement l’un des instruments phare de la musique savante.

Acclamé aujourd'hui sur les scènes internationales, le sitar incarne le passé fécond et la vitalité de la musique hindoustanie.