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Pièces les plus emblématiques du Musée

Luth tar, Ja’far-e San’at, Téhéran, Iran, vers 1950, E. 997.7.2 

 

Luth tar, Ja'far-e San'at,
Téhéran, vers 1950, E.997.7.2,
© Cité de la musique -
Photo : Jean-Marc Anglès

Ce tar est l’œuvre de Ja’far-e San’at, luthier réputé de Téhéran, disciple du plus célèbre des fabriquants de tar, Hovanes Akbarian (1876–1932), d’origine arménienne et aussi connu sous le nom de Yahyâ Khan. Regardé comme le père du tar persan moderne, ce dernier donna à l’instrument sa forme définitive.  

La caisse, profonde et bombée, est taillée dans un bloc de bois de mûrier. Elle est parfois constituée de deux parties symétriques assemblées et collées. Dans les deux cas, son ouverture évoque la forme d’un huit.

La table d’harmonie du tar persan est constituée d’une fine peau de fœtus d’agneau collée sur les rebords de la caisse et sur laquelle est posé un chevalet en corne. Ce luth possède six cordes (trois chœurs) en acier et en bronze, pincées avec un plectre en laiton serti dans une boulette de cire. Autour du long et fin manche en noyer, sont ligaturées 23 frettes en nylon. Comme il est d’usage sur la plupart des tar, la touche est rehaussée de placage d’os.    

Le tar a intégré la musique savante classique iranienne depuis le XIXe siècle où il fut l’instrument privilégié de grands musiciens, utilisé en soliste ou en accompagnement du chant. Mais il a aussi aujourd’hui franchi les barrières de la stricte tradition pour être joué dans des répertoires plus modernes de divertissement urbain.  

L’exemplaire du musée présenté ici, en parfaite état de jeu, possède un timbre clair et puissant.