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Histoire de l'instrument...

Diffusion des luths en Orient




     Lama bada yatathana : musique savante de style arabo-andalou, Fadhel Messaoudi, 'ud, 'ud Georges Nahat

Les luths, comme les vièles, sont les parfaits compagnons de route des musiciens itinérants. Facilement transportables, légers, ils traversent les frontières, circulent librement sans se soucier des limites territoriales, subissent des transformations au gré d’emprunts et d’échanges, s’adaptent aux besoins d’une musique, d’une tradition. Fleurit alors une grande diversité de formes et de sonorités, adoptant différents noms, parfois très proches pour désigner des instruments parfois très différents (setar, tar, tanbur, tampura, pandouri, dombra, rabab, rebab, pipa, biwa…).  

Quelques exemples suffisent à en montrer la large diffusion.

Le Moyen-Orient :

Probablement affilié au luth à manche court barbat de la Perse sassanide, le ‘ud apparaît dès le VIIe siècle dans la péninsule Arabique mais n’est attestée qu’au IXe siècle, époque à laquelle il jouit d’un grand prestige à Bagdad. Avec l’expansion de l’Islam vers l’Ouest et la constitution d’un califat omeyyade à Cordoue, le ‘ud est introduit en Andalousie. Son histoire en Europe - le luth occidental est son héritier direct -, au Maghreb et au Moyen-Orient ne cessera de se développer au cours des siècles suivants.

L’Asie centrale :

Le saz, luth à manche long de la famille des tanbur, s’est répandu depuis la péninsule balkanique jusqu’aux confins de la Chine. Son origine se perd probablement dans les régions de Transoxiane et du Khorassan – au Xe siècle, le musicologue Al’Farabi décrit un tanbur du Khorasan – Il est mentionné à la cour timuride d’Hérat dans la première moitié du XVe siècle mais n’apparait que plus tardivement en Turquie.

Le tar appartient à la famille des rabab, instruments persans dont la présence est attestée au moins depuis le XVIe siècle en Asie Centrale, au Caucase et en Iran. Le tar semble apparaître en Iran au XIXe siècle où il est frontières d’origine et l’on distingue aujourd’hui deux types d’instruments, le tar persan et le tar caucasien qui diffèrent essentiellement par leurs dimensions et leurs nombres de frettes.  

Le Sous-continent indien :

Le sitar, issu de la vaste famille des tanbur, apparaît à Delhi au milieu du XVIIIe siècle à une époque où, malgré de graves désordres politiques, la capitale conserve un pôle artistique florissant et attractif. Très vite, le sitar s'impose en milieu urbain, accompagnant danses et chants populaires. Il devient un instrument majeur du répertoire classique hindoustani dans le courant du XIXe siècle.

L’ Extrême-Orient :

Le sanxian appartient également à la famille des tanbur. Il apparait en Chine vers le IIe siècle avant J.C. sous la dynastie des Han et voyagera, comme le pipa et bien d’autres instruments, vers le Japon sous les Tang (618 – 907). Il deviendra alors le sanweixian ou shamisen.  

Le luth biwaest introduit de Chine au Japon vers la fin du VIIe siècle. Ses origines remontent à la riche période gréco-bouddhique qui se développe en Asie centrale et se propage ensuite en Extrême-Orient avec le Bouddhisme, via l’Inde et la Route de la Soie. Son ancêtre le plus direct, le pipa, serait arrivé en Chine vers le IIIe siècle.