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Sous le
règne de Louis XIV, au temps du triomphe de Lully (1632-1687),
l’usage de la viole s’éloigne progressivement
du jeu en ensemble (ou consort) pour privilégier
le jeu en soliste, avec une prédilection pour la basse
de viole (ou viole de gambe).
Un brillant répertoire soliste pour basse de viole fait
le renom de virtuoses comme Demachy, Jean
de Sainte-Colombe, à qui l’on attribue l’ajout
d’une septième corde et l’usage des premières
cordes
filées (pour rendre la viole sonore), Antoine Forqueray
(1672-1745) et Marin
Marais (1656-1728).
Une floraison de partitions et de méthodes de jeu apparaît
: Pièces de viole de Demachy (1685), comprenant
un long Avertissement donnant des informations sur la technique,
Pièces à deux violes du premier Livre de
Marin Marais (1686), Concerts à deux violes Esgales
de Sainte-Colombe (vers 1687).
La plupart du temps, ces « Pièces de viole »
impliquent une musique pour viole soliste et continuo
réalisé soit par une autre viole, soit par le clavecin
ou le théorbe. Elles sont composées en suites, souvent
introduites par un prélude suivi d’un enchainement
conventionnel de danses, écrites en accords suivant la
tradition du luth.
Jean
Rousseau (1644-1699), dans son Traité de la viole
(1687), nous renseigne sur la facture de violes de cette époque
et relate le goût pour les violes anglaises que les luthiers
français remanient en rajoutant la septième corde.
Cette corde grave supplémentaire offre les possibilités
techniques exigées par la brillante école des virtuoses
français.
Au XVIIIe siècle, malgré l’intérêt
que suscitent certains types de violes (dessus, pardessus et quinton),
la basse de viole cède la place au violoncelle.
A partir des années
1950, musicologues, luthiers et musiciens contribuent à
la résurrection des ?uvres musicales du passé et
permettent ainsi à des instruments oubliés (violes,
luths, clavecins) de reconquérir leur place sur la scène
musicale. |