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Histoire de l'instrument

La société musicale française au XIXe siècle





Ecoutez... Polonaise Op. 53 «Héroïque», Frédéric Chopin. Kenneth Hamilton, piano. Piano à queue Erard et Cie 1843, E. 991.7.1

Après la chute de l'Ancien régime, une nouvelle société se met en place qui intègre peu à peu certaines aspirations de la Révolution (éducation pour tous, suffrage universel), exalte l'individu dans son esprit d'entreprise et croit indéfectiblement en la science.

Le musicien doit s'adapter à ce monde naissant. Une des transformations fondamentales dans son parcours concerne sa formation : en 1795 est fondé le Conservatoire, fusion entre l'école de chant de François Joseph Gossec et l'Institut national de musique de Bernard Sarrette. Elle met fin au rôle dominant des maîtrises religieuses. L'enseignement du piano sera marqué par Pierre Joseph Guillaume Zimmermann (1785-1853) qui aura notamment pour élèves César Franck (1822-1890), Charles-Henri Valentin Alkan (1813-1888) et Antoine-François Marmontel (1816-1898).

Paris devient un centre musical européen de première importance. L'art lyrique s'impose sous la monarchie de juillet avec le genre spectaculaire du grand opéra. Les salons continuent à être des lieux de promotions pour les jeunes artistes. Le piano y est un point d'attraction.

Après 1830, le développement d'une société plus mêlée, où la moyenne et la petite bourgeoisie constituent à la fois un nouveau public et une nouvelle clientèle, favorise l'essor d'un mode d'audition jusque-là limité, le concert public et payant.

La capitale accueille des pianistes virtuoses qui bénéficient d'un instrument dont les possibilités sont considérablement enrichies.

Franz Liszt (1811-1886) s'installe à Paris en 1823 et bénéficie du soutien du facteur Sébastien Erard ; Friedrich Wilhelm Kalkbrenner (1785-1849), fixé dans la capitale en 1824, est associé à Camille Pleyel ; Frédéric Chopin (1810-1849) fait son apparition en 1831. Tous ces interprètes jouent ensemble, participent à des concerts collectifs où se succèdent diverses formations, donnent des récitals (formule inaugurée par Liszt), rivalisent dans de véritables duels musicaux (Liszt et Thalberg).

L'exécution du répertoire virtuose demandant une plus grande vélocité, de nombreux inventeurs, assimilant l'acquisition d'une technique de jeu à un entraînement sportif, mettent au point des appareils destinés à amplifier les possibilités digitales des pianistes. Le chirogymnaste de Casimir Martin (1842) a pour but d'agrandir l'étendue de la main et d'obtenir une force égale à chaque doigt. L'assouplisseur de doigt (1846) de Levacher d'Urclé permet aussi d'accomplir des exercices musculaires.

Signe de richesse et expression de modernité, le piano orne les intérieurs bourgeois. Il fait partie intégrante de l'éducation de toute jeune fille de bonne famille.

La pratique du piano par des amateurs se développe, grâce à la démocratisation des prix de vente et de location de l'instrument. Les cours de piano se multiplient.

Le nombre de professeurs triple en trente ans. Méthodes, études, sonates, fantaisies, marches, valses, transcriptions pour piano fleurissent.

La presse musicale prolifère à partir de 1830 et témoigne d'une vie artistique parisienne intense. Plusieurs revues sont consacrées au piano (Le Pianiste, 1833-1835 ; Piano-revue. Journal mensuel du pianiste, 1876-1877 ; Piano-soleil . Grand journal musical hebdomadaire, 1884-1909 ; Le Petit piano, 1895-1902).

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