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Histoire de l'instrument

La facture parisienne du piano au XIXe siècle





Ecoutez... Sonate en Do mineur, op.4 n°5 : Andante, Hyacinthe Jadin. Aurélien Delage, piano. Piano carré, Joseph Ignace Pleyel, E. 981.13.1

La fin du XVIIIe siècle et la première moitié du XIXe siècle vont être déterminantes dans l'évolution du piano et dans sa transmutation en puissant instrument romantique. La facture de l'instrument subit un développement incomparable et sa fabrication devient un élément de la vie économique.

Elle profite des progrès techniques très rapides dans certains domaines de l'industrie comme la métallurgie ou le textile.

L'évolution du piano répond aux besoins des interprètes de disposer d'instruments de plus en plus puissants, capable d'être entendus dans des salles de plus en plus vastes.

L'avènement de la bourgeoisie est également celui du piano qui devient un meuble symbolisant l'aisance matérielle et la bonne éducation.

La période entre 1830 et 1850 constitue l'âge d'or de la facture de piano en France. Celle-ci n'importe plus ses pianos d'Angleterre mais en produit et en exporte. Paris devient l'un des grands centres de la facture de pianos.

Sur les sept grands noms de facteurs français, trois dominent, tous parisiens : Erard, Pleyel, Pape.

La maison Erard s'impose par ses grands pianos à queue. Sébastien Erard met au point, entre 1820 et 1823, le piano à double échappement. Cette invention, qui permet une plus grande rapidité de jeu, place la maison Erard au premier plan des facteurs européens jusqu'au milieu du XIXe siècle.

En 1807, Ignace Pleyel fonde une manufacture de pianos et de harpes qui s'impose très vite comme la grande rivale d'Erard. Associé à son fils Camille (1788-1855) à partir de 1815, puis avec le célèbre Kalkbrenner, il équipe ses instruments dès 1826 d'un cadre en fer et d'un sommier à pointes de cuivre, mais il reste fidèle à la mécanique à échappement simple.

L'expansion de la maison Pleyel illustre bien le passage d'une production artisanale à une production industrielle.

Jean-Henri Pape est le troisième grand nom de la facture parisienne du XIXe siècle. Extrêmement prolixe en inventions (il dépose 137 brevets concernant le piano), il est à l'origine de la garniture des marteaux avec du feutre (1826) et du croisement des cordes, tendues en diagonale, les cordes graves passant au-dessus du plan des autres cordes, afin d'augmenter leur longueur (1828).

Si tous les facteurs n'ont de cesse de perfectionner l'instrument (en augmentant l'étendue, le volume, en facilitant le toucher, en homogénéisant le son), il ne s'agit pas pour autant d'une standardisation et une grande variété de pianos coexiste, différenciée par le nombre de cordes, la mécanique, l'étendue, quel que soit le modèle.

Les pianos Pleyel sont loués pour leur souplesse et leur délicatesse, qualités qui conviennent mieux au jeu de pianistes comme Chopin alors que l'éclat et la robustesse des pianos Erard semblent s'adapter parfaitement au toucher d'un Liszt.

A partir des années 1870, la facture française subit la concurrence de la facture allemande et américaine. L'industrialisation ne s'est pas généralisée et la majorité des facteurs français sont restés de petits artisans.

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