> Dossiers pédagogiques > Instruments du Musée

Histoire de l'instrument

La facture du piano en Europe au XVIIIe siècle






Ecoutez...

Sonate no 13 en si bémol majeur k. 333, Wolfgang Amadeus Mozart. Laure Colladant, pianoforte. Piano Gräbner frères, 1791

La vogue du piano, invention de l'italien Cristofori vers 1700, se répand dans toute l'Europe à partir de la deuxième moitié du XVIIIe siècle. D'Italie, il se propage en Allemagne grâce au facteur germanique Gottfried Silbermann (1683-1753).

Silbermann reproduit quasiment à l'identique la mécanique de Cristofori en y apportant toutefois une amélioration : celle d'élever les étouffoirs.

Deux grandes écoles de facture de piano se développent simultanément durant les années 1780-1790 :

•  L'école dite « viennoise » utilise la Prellmechanik aussi appelée mécanique austro-germanique.

•  L'école dite « anglaise » développée par les facteurs anglais et français, reprend la mécanique à échappement simple de Cristofari mise en œuvre par Gottfried Silbermann.

Extrêmement légère, la mécanique viennoise est caractérisée par des marteaux montés, non sur un châssis fixe, mais sur la touche elle-même et sont recouverts d'une mince peau. Elle est perfectionnée par Johann Andreas Stein (1728-1792).

Les instruments dotés de ce système, utilisés jusqu'au milieu du XIXe siècle, ont un timbre plus clair et moins de puissance que les instruments anglais et français de la même époque. Mozart visite l'atelier de Stein et s'enthousiasme pour ses instruments.

Les pianos de cette époque sont encore munis de jeux permettant de modifier le timbre ou l'intensité. Certains se sont imposés, comme le jeu una corda (déjà présent sur les instruments de Cristofori) ou encore la pédale forte. Les autres, tel le jeu de luth ou le celeste, ont totalement disparu.

En Angleterre, la facture du piano est tout d'abord représentée par l'Allemand Johann Christoph Zumpe (1726-1791), établi à Londres vers le milieu du XVIIIe siècle. Il y fabrique des pianos carrés (les cordes étant disposées parallèlement au clavier) équipés de petits marteaux à tête de cuir, articulés sur une tringle fixe par une charnière de cuir. Un pilote, fixé sur la touche, attaque le marteau près du pivot et l'envoie contre les cordes.

Les pianos de Zumpe connaissent un immense succès et sont fabriqués en grande quantité.

John Broadwood (1732-1812) produit des pianos en forme de clavecin à échappement simple. Il renforce la caisse, utilise des cordes de plus gros calibre, porte l'étendue du clavier à six octaves et ajoute des pédales.

En France, la facture de piano est dominée par Sébastien Erard (1752-1831), né à Strasbourg, qui, venu s'établir à Paris comme apprenti vers 1768, s'installe à son compte en 1778. C'est en 1796 qu'il sort ses modèles de grands pianos en forme de clavecins, à échappement.

fermer
Votre nom :

Votre email :

Destinataire :

Message :
fermer
fermer
URL :
fermer