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Histoire de l'instrument

La vogue de la guitare en France

E.28, © Cité de la musique - Photo : Jean-Marc Anglès
E.31, © Cité de la musique - Photo : Jean-Marc Anglès
Francisco Corbetta, portrait, F. Bouttats, 1648, Paris - © BnF, département de la musique
Dame de qualité jouant de la guitare, Nicolas Bonnart, 1964, Paris - © BnF, département des Estampes

Ecoutez...Allemande (1705), François Campion ; Gérard Rebours, guitare. Guitare, Jean-Baptiste Voboam, PARIS, 1708, E.999.15.1

En France, la seconde moitié du XVIIe siècle consacre le déclin du luth et l'apogée de la guitare. Si un seul nom doit rester attaché à la facture française de guitare pour ce siècle, c'est celui des Voboam : trois générations de facteurs, un prototype d'une surprenante régularité, un style de décor et ses subtiles variations. Le nom de Voboam est resté recherché pour la perfection des modèles qui porte cette signature.

La guitare parvient à imposer ses avantages auprès d'un milieu amateur et trouve bien sûr un écho auprès des musiciens professionnels comme Henri Grénerin, Hurel, Bartolotti et surtout Robert de Visée, lesquels pratiquent aussi le théorbe. Seul Francisco Corbetta se voue, semble-t'il, exclusivement à la guitare.

L'instrument est lancé dans le monde lorsque le jeune Louis XIV puis Lully y attachent leur nom.

Le Roi apprécie le talent de Visée puisque, non content d'en recevoir des leçons de guitare, il le fait jouer le soir à son chevet (Journal de Dangeau). Mais le Roi n'est pas seul à s'intéresser à la guitare : Lecerf de la Viéville nous apprend que dans sa jeunesse, Jean-Baptiste Lully (1632-1687) fut élève d'un « bon Moine, qui lui donna le premier quelques leçons de Musique, & qui lui aprît à jouer de la Guitare…Lulli commença par cet instrument…il conserva le reste de sa vie de l'inclination à en jouer ».

Sa vogue mondaine en fait un accessoire obligé des gravures de mode (Dame en habit de chambre, I .D. de Saint Jean, 1675, Dame de qualité jouant de la Guitarre, Nicolas Bonnart, 1694) et un symbole galant.

La guitare, avec ses cinq paires de cordes de boyau, développe grâce à sa construction légère, une sonorité cristalline et nerveuse. Elle est appréciée pour jouer des danses qui constituent à l'époque l'essentiel d'un répertoire commun au théorbe (les deux instruments ayant quasi le même accord) : allemandes, courantes, sarabandes, gigues et menuets deviennent sur la guitare particulièrement attrayants grâce à la technique des batteries rythmiques.

Une quantité appréciable de transcriptions d'airs et de danses tirés de Ballets et d'Opéras de Lully, pour la guitare (et le théorbe), nous sont parvenues, pour la plupart signées de Visée. Elles offraient aux amateurs la possibilité de refaire sonner à la maison l'Ouverture de la Grotte de Versailles ou les fameuses Sourdines d'Armide.

Elle accompagne les airs et brunettes à la mode et, aux côtés du théorbe, du clavecin, de la basse de viole et du violoncelle, elle contribue à enrichir de sa couleur délicate la réalisation de la basse continue.

Les mémoires et correspondances de l'époque témoignent aussi de la prolifération de concerts privés. Les méthodes abondent, pour apprendre aux amateurs la pratique de la basse continue.

L'engouement extraordinaire pour la guitare s'éteint sous la Régence. Jean-Baptiste Voboam se reconvertit les dernières années de sa vie dans la facture de viole.

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