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Histoire de l'instrument

Les origines

Vihuela, anonyme, E.0748, © Cité de la musique - Photo : Jean-Marc Anglès
Vihuela, anonyme, E.0748 © Cité de la musique - détail rosace face - Photo : Jean-Marc Anglès <
Présentation au temple, école castillane, XVIe siècle, musée Valladolid, détail

L'origine de la guitare est indissociable de celle relative à une variété de cordophones qui se sont développés à la fin du Moyen Âge en Espagne sous le terme de vihuela duquel émerge celui de vihuela de mano. La description la plus ancienne de l'instrument est donnée par le théoricien Johannes Tinctoris (1445-1511) dans un ouvrage publié vers 1480, De inventione et usu musicae. Il est à noter que Tinctoris cite également le nom de « guitare » en lui attribuant une origine catalane.

Alors que le luth rencontre un succès général dans le reste de l'Europe, l'Espagne lui préfère la vihuela : aucune musique pour le luth n'est publiée tandis qu'un répertoire de musique savante pour la vihuela s'enrichit et se diffuse grâce à l'impression de plusieurs recueils.

Sur le plan morphologique, vihuela de mano et guitarra sont similaires au point qu'il est difficile d'imaginer qu'ils ne dérivent d'un type unique plus ancien à rechercher dans les formes plus archaïques de vihuela. Différentes sources du XVIe siècle permettent d'imaginer la guitare comme un instrument plus petit, avec seulement quatre rangées de cordes doubles, tandis que la vihuela courante, en comporte six. Celle-ci est munie d'un manche à dix frettes.

Le répertoire connu à ce jour puise aux mêmes formes que celles en usage pour la vihuela et dans un style comparable. Les deux types sont tellement proches que, lorsqu'à la fin du XVIe siècle passera la mode de la musique polyphonique, la vihuela laissera rapidement place à la guitare, à une nouvelle esthétique et à une nouvelle technique de jeu.

Si le patrimoine musical de la vihuela est abondant et accessible, il n'en va pas de même pour le patrimoine instrumental. La grande fragilité des instruments de musique explique leur extrême rareté, surtout pour des époques aussi reculées que le XVIe siècle. A l'heure actuelle, seuls quatre instruments authentiques peuvent être rangés dans le type vihuela de mano : l'un appartient au musée Jacquemart-André, le deuxième au Musée de la musique de Paris, le troisième repose parmi les reliques de la sainte Mariana de Jesus dans l'église de Nuestra Senora de Lereto à Quito, en Equateur, et le dernier se trouve au Royal College of Music de Londres, il est signé « Belchior Dias » et a été fabriqué à Lisbonne en 1581.

A la fin du XVIe siècle, la vihuela tombe en désuétude tandis que la guitare acquiert un cinquième chœur et se voit adoptée dans toute l'Europe sous le nom de « guitare espagnole ».

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