| A la fin du XIXe siècle,
émerge dans les grands centres urbains du nord de l'Inde,
une classe moyenne dont l'importance s'accroît rapidement.
Il est alors de bon ton que les jeunes filles étudient
le sitar ou le chant, et nombre de musiciens amateurs recherchent
l'enseignement d'un maître.
La musique hindoustanie, qui est encore le privilège d'une
élite, connaît un engouement sans précédent
et c'est à cette époque que, sous l'impulsion de
quelques musiciens de cour, sont entrepris les premiers efforts
vers une démocratisation de l'enseignement musical. Calqués
sur le système d'éducation britannique, des écoles
et collèges de musique voient progressivement le jour dans
la première moitié du
XXe siècle.
A la suite des bouleversements politiques qui conduisent à
l'indépendance de l'Inde en 1947, disparaissent les Etats
princiers qui des siècles durant avaient favorisé
le développement d'une culture musicale hautement raffinée.
Privés du soutien financier de leurs protecteurs, les
musiciens quittent les cours pour tenter de subvenir à
leurs besoins dans des cités en pleine expansion économique.
A certains est confié un poste de professeur dans une école
ou un collège, d'autres sont employés par la toute
récente institution radiophonique nationale - All India
Radio - tandis qu'une grande majorité d'entre eux vivent
très modestement en dispensant leur enseignement à
quelques disciples.
Ces transformations radicales de la vie et du statut des musiciens
ont une profonde répercussion sur leur art. Les normes
d'appréciation d'une nouvelle audience le plus souvent
dépourvue de réelle culture musicale amènent
les maîtres à s'adapter à de nouveaux enjeux.
Aujourd'hui, comme c'est le cas pour de nombreuses traditions
musicales de par le monde, les répertoires se sont standardisés,
uniformisés, quand ils ne sont pas tombés dans l'oubli
ou en voie d'extinction.
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