> Dossiers pédagogiques > Instruments du Musée

Instruments du Musée

Archiluth Matteo Sellas, Venise, 1638


Archiluth Matteo Sellas, Venise, 1638, E.1028
© Cité de la musique - Photo : Jean-Marc Anglès

L'archiluth daté de 1638, de très belle facture, témoigne du luxueux travail de marqueterie réalisé par Matteo Sellas, membre de la célèbre famille originaire de Füssen. C'est à cette période que la facture de luth à Venise (et à Padoue) atteint son apogée.

L'instrument est muni de quatorze cordes doubles disposées ainsi : sept chœurs au petit jeu et sept chœurs au grand jeu.

Le dos est constitué de quinze côtes alternées d'ivoire et d'ébène séparées par des filets à deux brins (ivoire/ébène). La brague est en trois parties. La table d'harmonie est en épicéa serré, assemblée en deux parties. La touche à bords d'ébène est magnifiquement décorée de trois cartouches finement gravés représentant des cavaliers. D'après de récentes recherches (David Van Edwards), l'un de ces cavaliers est imité d'une gravure sur bois de Jost Amman (1539-1591) représentant un cavalier hongrois, éditée après sa mort, en 1599. Les deux autres personnages sont également dans le style du dessinateur de Nuremberg. Ce détail iconographique rappelle l'origine germanique du luthier. La rose, de petite taille, est agrandie par une frise à claire-voie. La face du cheviller est plaquée d'ébène avec des bandes et des filets d'ivoire.

Dans le terme archiluth, le préfixe fait simplement référence à l'allongement des basses, non à la taille de l'instrument. Il est accordé en quartes et tierces comme le luth. L'instrument de Sellas est un modèle à double cheviller court (chœurs du grand jeu doublé à l'octave) plutôt destiné au jeu solo.

fermer
Votre nom :

Votre email :

Destinataire :

Message :
fermer
fermer
URL :
fermer