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Instruments du Musée

Théorbe Wendelio Venere, Padoue, 1606

Numéro d'inventaire : E.548

Théorbe Wendelio Venere, Padoue, 1606, E.548
© Cité de la musique - Photo : Jean-Marc Anglès

Ce grand théorbe (longueur totale : 1940 mm) est un exemplaire remarquable de la lutherie de très haute qualité, telle qu'elle fut pratiquée au début du XVIIe siècle dans certains ateliers de Padoue et notamment dans celui du grand maître Wendelio Venere. Le contour de la table, bien conservé grâce au filet, et le profil sont d'une rare élégance.

Il est muni de quatorze cordes simples réparties ainsi : six au petit jeu, huit au grand jeu.

Le dos est constitué de trente-cinq côtes d'if séparées par des filets de bois clair. La forme est caractéristique du travail de Wendelio Venere : assez ronde et légèrement aplatie dans sa coupe latérale. La brague est en six pièces. La table d'harmonie est d'un bois de belle qualité. La rose est composée d'admirables motifs stylisés variés représentant des fleurs, des feuillages, des visages et au centre un lion, caractéristique du savoir de l'atelier de Wendelio Venere et de la tendance marquée, au début du XVIIe siècle, pour les motifs d'entrelacs en courbe. Le manche et le cheviller double (simplement décoré de deux filets d'ivoire sur les bords) sont des apports d'une transformation ultérieure. La forme de la caisse, ainsi que la rose unique, pourraient étayer l'hypothèse d'un luth contre-basse comme état d'origine.

La musique pour théorbe du XVIIe siècle nous est souvent parvenue sous la forme de manuscrits regroupant des pièces anonymes ou d'auteurs largement oubliés aujourd'hui. Utilisé principalement comme instrument d'accompagnement, permettant la réalisation de la basse continue, peu de musiciens conçoivent des pièces solistes pour le théorbe. La plupart d'entre eux sont des virtuoses sur l'instrument, tel Bellerofonte Castaldi (1580/1-1649), auteur de Capricci à deux théorbes (Modène, 1622), ou encore Pietro Paolo Melli qui fit imprimer à Venise, de 1614 à 1620, cinq livres de tablatures pour archiluth avec certaines pièce pour le théorbe. En France, la principale figure est Robert de Visée (1660-1732), très apprécié de Louis XIV qui en fit le joueur officiel de guitare de la cour. Le musicien est l'auteur d'un recueil de Pièces de théorbe et de luth mises en partition (1716) .

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