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Histoire de l'instrument

Le renouveau du luth

Luth, Don Jourdain, Paris, XXe siècle, E.980.2.369, © Cité de la musique - Photo : Jean-Marc Anglès
Luth, Jordan Hans, Markneukirchen, 1853, E.980.5.1, © Cité de la musique - Photo : Jean-Marc Angles
Luth, Maurice Vincent, Londres, 1967, E.980.2.337, © Cité de la musique - Photo : Jean-Marc Anglès
Luth, Hermann Haüser, Munich, XXe siècle, E.980.2.368, © Cité de la musique - Photo : Jean-Marc Angles

Dès les premières années du XVIIIe siècle, le luth perd sa suprématie en Italie, en Angleterre et en France. Il continue son histoire en Allemagne dans un style galant, avant de tomber totalement en désuétude.

Au XIXe siècle, musicologues, luthiers et musiciens contribuent à la résurrection des œuvres musicales du passé et permettent ainsi à des instruments oubliés de reconquérir leur place sur la scène musicale. L'Exposition universelle de 1889 marque une date importante dans la renaissance de certains instruments (la Maison Erard présente un clavecin reconstitué d'après un modèle du XVIIIe siècle).

- En France, un concert est donné le jeudi 21 mars 1833 par François Joseph Fétis dans l'ancienne salle de l'Opéra comique, rue Ventadour : Fernando Sor joue sur un luth. A la fin du XIXe siècle, le guitariste et compositeur Napoléon Coste (1806-1883) publie le recueil Pièces de théorbe et de luth mises en partition (1716) de Robert de Visée en tablature moderne pour guitare. La première histoire du luth est publiée en 1899.

Au siècle suivant, deux sociétés musicales jouent un rôle moteur dans la mise en valeur du patrimoine musical oublié et des instruments historiques : la Société des instruments anciens, fondée en 1901 par l'altiste du célèbre quatuor Capet, Henri Casadesus (1819-1947), et la Société de musique d'autrefois, créée conjointement par Geneviève Thibault de Chambure, Georges Le Cerf et Lionel de La Laurencie en 1925. Le musicologue Henry Prunières (1886-1942), par ses travaux universitaires et la publication entre 1930 et 1939 de l'édition complète des œuvres de Lully, fait redécouvrir la musique de Lully et particulièrement ses airs de cour pour luth. En 1957, Monique Rollin, musicologue, enregistre au Club national du disque le premier microsillon consacré au luth.

- En Allemagne, c'est par le mouvement musical pour la jeunesse (Jugendmusikbewegung) fondé juste après la Première Guerre mondiale, et son principal organe de presse Die Laute qu'une littérature éducative, culturelle et scientifique sur le luth et sa musique est diffusée. Beaucoup de luthistes sont issus de ce mouvement, dont Heinz Bischoff, Robert Tremi et Hermann Leeb. De nombreuses publications fleurissent et permettent aux élèves en nombre croissant de s'initier au jeu sur les tablatures originales. Hans Neemann (1901-1943), qui vient d'un tout autre horizon, est l'un des principaux défenseurs du jeu sur tablature ancienne. La première classe de luth à la Musikhochschule de Cologne, en 1951, marque la véritable « renaissance » du luth.

- En Angleterre, Arnold Dolmetsch (1858-1940) restaure de nombreux instruments anciens (luths, clavecins, violes) avant de construire son premier luth en 1893 et publie un ouvrage de référence, The Interprétation of the 17th and 18th Centuries (Londres, 1915).

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