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Dès les premières
années du XVIIIe siècle, le luth perd sa suprématie
en Italie, en Angleterre et en France. Il continue son histoire
en Allemagne dans un style galant, avant de tomber totalement
en désuétude.
Au XIXe siècle,
musicologues, luthiers et musiciens contribuent à la résurrection
des œuvres musicales du passé et permettent ainsi
à des instruments oubliés de reconquérir
leur place sur la scène musicale. L'Exposition universelle
de 1889 marque une date importante dans la renaissance de certains
instruments (la Maison Erard présente un clavecin reconstitué
d'après un modèle du XVIIIe siècle).
- En France, un concert
est donné le jeudi 21 mars 1833 par François Joseph
Fétis dans l'ancienne salle de l'Opéra comique,
rue Ventadour : Fernando Sor joue sur un luth. A la fin du
XIXe siècle, le guitariste et compositeur Napoléon
Coste (1806-1883) publie le recueil Pièces de théorbe
et de luth mises en partition (1716) de Robert de Visée
en tablature moderne pour guitare. La première histoire
du luth est publiée en 1899.
Au siècle suivant,
deux sociétés musicales jouent un rôle moteur
dans la mise en valeur du patrimoine musical oublié et
des instruments historiques : la Société des
instruments anciens, fondée en 1901 par l'altiste du célèbre
quatuor Capet, Henri Casadesus (1819-1947), et la Société
de musique d'autrefois, créée conjointement par
Geneviève Thibault de Chambure, Georges Le Cerf et Lionel
de La Laurencie en 1925. Le musicologue Henry Prunières
(1886-1942), par ses travaux universitaires et la publication
entre 1930 et 1939 de l'édition complète des œuvres
de Lully, fait redécouvrir la musique de Lully et particulièrement
ses airs de cour pour luth. En 1957, Monique Rollin, musicologue,
enregistre au Club national du disque le premier microsillon consacré
au luth.
- En Allemagne, c'est par le mouvement
musical pour la jeunesse (Jugendmusikbewegung) fondé
juste après la Première Guerre mondiale, et son
principal organe de presse Die Laute qu'une littérature
éducative, culturelle et scientifique sur le luth et sa
musique est diffusée. Beaucoup de luthistes sont issus
de ce mouvement, dont Heinz Bischoff, Robert Tremi et Hermann
Leeb. De nombreuses publications fleurissent et permettent aux
élèves en nombre croissant de s'initier au jeu sur
les tablatures originales. Hans Neemann (1901-1943), qui vient
d'un tout autre horizon, est l'un des principaux défenseurs
du jeu sur tablature ancienne. La première classe de luth
à la Musikhochschule de Cologne, en 1951, marque
la véritable « renaissance » du luth.
- En Angleterre, Arnold Dolmetsch (1858-1940) restaure de nombreux
instruments anciens (luths, clavecins, violes) avant de construire
son premier luth en 1893 et publie un ouvrage de référence,
The Interprétation of the 17th and 18th Centuries (Londres,
1915).
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