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Histoire de l'instrument

Le luth en musique

Luth, anonyme, E.0773, © Cité de la musique - Photo : Jean-Marc Anglès
Portrait de Charles Mouton, Gérard Edelinck, E.01102, © Cité de la musique - Photo : Jean-Marc Anglès
Luth, anonyme, E.0773, © Cité de la musique - Photo : Jean-Marc Anglès
L'Ouïe, Abraham Bosse, Paris, 1636, E.982.1.26, © Cité de la musique - Photo : Jean-Marc Anglès
Luth théorbé, Tieffenbrucker, Allemagne, XVIe siècle-début XVIIe siècle, D.AD.48483, © Cité de la musique - Photo : Jean-Marc Anglès

Ecoutez... Corente, la sua spezzata de Bernardo Gianoncelli. Jean-Luc Tamby, archiluth. Archiluth fait par Christoph Koch en 1654.

Dès le Moyen Age, le luth est apprécié au point de devenir le symbole de la musique dans le monde occidental, à l'instar de la lyre antique. Sa sonorité délicate le prédispose aux « concerts célestes », comme en témoigne l'iconographie abondante sur les anges musiciens ou sur le roi David représentés avec un luth.
L'emploi du plectre pour pincer les cordes, en usage au Moyen Age (favorisant un jeu monodique ), fait place pendant le XVe siècle au jeu avec les doigts. Cette technique contribue à l'essor de la polyphonie instrumentale. Le luth reste à cette époque, en dépit des jongleurs et ménestrels qui ont pu l'utiliser occasionnellement pour accompagner leurs chants, un instrument noble, symbole de raffinement et même de volupté. Chaque souverain a ses luthistes attitrés, et certains sillonnent les cours européennes.

Le luth suscite un véritable engouement dans les milieux élégants des XVIe et XVIIe siècles et devient l’instrument de prédilection des fêtes aristocratiques. Il accompagne des chanteurs dans les concerts où il mêle sa voix aux autres instruments (broken consort). La vogue des chansons polyphoniques se transmet d’un pays à l’autre. Mais les luthistes s’orientent aussi vers une expression solitaire. Un abondant répertoire est consacré à l’instrument seul (préludes, fantaisies, toccatas, danses, transcriptions de pièces vocales profanes et spirituelles…), tant en Italie (Francesco Canova da Milano dit il Divino, Melchiore De Barberiis) qu’en Allemagne (Hans Judenkünig, Sebastian Ochsenkun) et en Angleterre (John Dowland, dont certaines œuvres comme Flow my tears ou encore Lachrimae antiquae font l’admiration de l’Europe tout entière).

Au XVIIe siècle, le luth trouve sa terre d’élection en France. L'école française de luth est réputée pour son raffinement et ses subtilités techniques. Les recueils d’airs de cour abondent. La musique de luth, grâce au ballet de cour, devient plus théâtrale, plus démonstrative. En tête de cet art nouveau viennent Ennemond Gaultier, dit le Vieux Gaultier, qui enseigne le luth à toute la cour, de Marie de Medicis au Cardinal de Richelieu et René Mezangeau. Ils sont suivis par des disciples comme François Dufault, Dubut, Jacques Gallot et enfin Charles Mouton : les titres de leurs pièces L’Amant malheureux, La Pluie d’or, Le Dialogue des Grâces sur Iris traduisent un art raffiné.
Mais deux instruments concurrents entraînent inexorablement le luth vers son déclin.
Tout d’abord le théorbe, aux graves plus puissants dans l'accompagnement du chant et dans la réalisation du continuo, éclipse le luth (comme le chitarrone, frère italien du théorbe, l'a fait en Italie).
Que ce soit en Italie vers 1650 ou en France vers 1680, les instruments de la famille du luth (théorbes, archiluths, chitarrones) doivent laisser la place au clavecin dont la suprématie est évidente. Oublié dès les premières années du XVIIIe siècle, le luth poursuit malgré tout son histoire en Allemagne comme instrument des Galenterien, mais sa musique a perdu son originalité et l'Allemagne va le délaisser à son tour.

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