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Histoire de l'instrument

Qu'est-ce qu'un luth ?

Luth, Hans Fichthold, Fussen, 1627, E.998.2.2, © Cité de la musique - Photo : Jean-Marc Anglès
Théorbe, Matteo Sellas I, Venise, 1640,  E.1547, © Cité de la musique - Photo : Jean-Marc Anglès
Théorbe, Joachim Tielke,  Hambourg, fin XVIIe siècle, E.27, © Cité de la musique - Photo : Jean-Marc Anglès
Luth, Anonyme, E.1785,  © Cité de la musique - Photo : Albert Giordan

Ecoutez... Sarabande en do majeur de Sylvius Leopold Weiss. Claire Antonini, luth. Luth fait par Johann Christian Hoffmann en 1720.

Le luth occidental, de la famille des cordophones pincés, est composé d'une caisse de résonance munie d'un manche sur lesquels sont tendues des cordes de boyau (aujourd'hui en nylon). Les cordes sont groupées par paires (les chœurs ou les rangs) et nouées au bas de l'instrument sur un chevalet servant de cordier et tendues, à l'autre extrémité, par des chevilles. Le manche est divisé par des frettes et terminé par un cheviller en angle presque droit. La coque (fond bombé de la caisse de résonance) est une partie essentielle du luth. Elle est constituée de côtes ployées et collées à l'aide d'un moule. La table d'harmonie, sur laquelle est percée une ouverture (la rose ou rosace), est en bois tendre (résineux : sapin, épicéa...). Le mélange de bois dur et de bois tendre est essentiel en lutherie. L'une des caractéristiques les plus étonnantes de la facture du luth est son incroyable légèreté qui lui confère son timbre cristallin inimitable mais aussi, hélas, son extrême fragilité (sur plusieurs dizaines de milliers d'instruments fabriqués pendant le XVIe et le XVIIe siècle, quelque deux cents nous sont parvenus, la plupart en bien piteux état).

A partir du XVe siècle, l'instrument, jusqu'alors probablement muni de quatre rangs de cordes, se dote d'un cinquième rang. Il ne cesse d'évoluer et se stabilise à six pendant une partie du XVIe siècle puis supporte couramment dix à douze chœurs au XVIIe siècle.

Au XVIe siècle, l'accord du luth se fait par quarte et tierce. L'ajout de nouveaux rangs de cordes dans le grave et l'apparition de l'opéra redéfinissent le rôle des luths comme instruments du continuo. Une nouvelle manière d'accorder le luth basse, attribuée à Antonio Naldi dit Il Bardella, donne naissance au théorbe (ou chitarrone). Par la suite, Alessandro Piccinini a l'idée d'allonger les chœurs graves afin d'augmenter la puissance et d'enrichir le timbre : ainsi apparaît l'archiluth. L'extension des basses sera appliquée aussi au théorbe.

Instrument de prédilection des XVIe et XVIIe siècles, des familles sont constituées, du petit dessus à la grande basse, lesquels permettent différents usages : jeu en soliste ou en ensembles, accompagnement de la voix..

La facture du luth connaît son apogée à Venise pendant les premières années du XVIIe siècle. Venus de Füssen (Tyrol), berceau de la lutherie européenne, de nombreux luthiers allemands émigrent en Italie du Nord pour répondre à la très forte demande d'instruments de musique. Plusieurs d'entre ceux installés à Venise se distinguent : Jacob Hes, Christoph Koch et l'atelier Sellas tandis que Laux Maler, à Bologne, témoigne également de l'industrie florissante des luthiers italiens : à sa mort, 1296 luths sont retrouvés dans son atelier .

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