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Histoire de l'instrument

La facture italienne, la facture flamande

Clavecin à l'octave, Pisaurensis (Domenicus) Venise, 1543, E.984 © Cité de la musique - Photo : Jean-Marc Anglès
Epinette, Benedetto Floriani, Venise, 1572, D.AD.Pe.18, © Cité de la musique - Photo : Jean-Marc Anglès
Clavecin, Faby, Bologne, 1677, E.224 © Cité de la musique - Photo : Jean-Marc Anglès
Virginale, Ruckers (Ioannes), Anvers, 1598, E.979.2.6, © Cité de la musique - Photo : Jean-Marc Anglès
Virginale à l'octave (« enfant »), Ioannes Ruckers, © Cité de la musique - Photo : Jean-Marc Anglès
Clavecin, Ruckers (Ioannes), Anvers, 1612, ravalé au XVIIIe siècle, E.1 © Cité de la musique - Photo : Jean-Marc Anglès

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La Romanesca con cinque mutanze de Antonio Valente, clavecin Faby, 1677

Les premiers clavecins connus datent du début du XVIe siècle et témoignent d'une tradition de facture qui a peu évolué en Italie jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. La quarantaine de clavecins italiens antérieurs à 1600 qui nous sont parvenus permettent de définir un type « initial » de facture. Venise a probablement été, à cette époque, le centre de fabrication le plus important d'Italie et nombre de clavecins vénitiens circulent dans d'autres pays. Naples, Bologne, Pesaro semblent avoir été aussi des centres de facture actifs, mais peu d'instruments ont survécu.

Caractérisés par une caisse et une table d'harmonie en cyprès aux éclisses fines, et généralement dotés d'un clavier unique et de deux jeux de huit pieds, les clavecins italiens sont des instruments légers, qui sont protégés par une caisse extérieure richement décorée. Ils doivent leur forme élancée à l'utilisation de cordes de diamètre égal qui sont montées selon la règle dite de la « juste proportion ». Une rose en bois sculpté ou en fines lamelles de parchemin orne la table d'harmonie.

Les facteurs les plus connus se nomment Dominicus Pisaurensis, Giovanni Antonio Baffo, Faby de Bologne ou encore Bartolomeo Cristofori.

Sur le plan musical, l'instrument peut être joué en soliste ou en accompagnement. Des musiciens comme Andrea et Giovanni Gabrieli, Claudio Merulo (au XVIe siècle), Girolamo Frescobaldi, Bernardo Pasquini (au XVIIe siècle), Domenico Scarlatti (au XVIIIe siècle) ont contribué à la richesse de son répertoire.

Flandres : La renommée d'une dynastie de facteurs

L'école flamande peut être considérée comme une des plus importantes pour la facture du clavecin, du début du XVIe jusqu'au XVIIIe siècle. A cette époque, beaucoup de ses clavecins de grand renom sont ravalés en France. Un nom éclipse tous les autres : celui de Ruckers. Regroupée autour de la Guilde de Saint-Luc, cette dynastie domine la facture anversoise et acquiert rapidement une dimension européenne.

Les facteurs flamands construisent des instruments plus lourds que les clavecins italiens, avec une caisse en tilleul ou en peuplier, des éclisses de 12 à 13 mm d'épaisseur, une table d'harmonie en épicéa, et d'un ou deux claviers dont l'étendue sera portée à cinq octaves au milieu du XVIIIe siècle. La règle de la « juste proportion » n'est plus respectée : les cordes, plus grosses, soutiennent mieux le son et sont raccourcies progressivement en descendant dans les graves, ce qui donne un instrument à la courbe moins prononcée.

Parmi les compositeurs, Jan Pieterszoon Sweelinck (1562-1621) a été l'un des premiers à introduire la fugue. Il a enrichi le répertoire de nombreuses fantaisies, toccatas et variations. Dietrich Buxtehude (1637-1707) forma de nombreux élèves et écrivit pour le clavecin des variations, toccatas et suites.

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