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Georges
Kastner publie la première méthode
de saxophone en 1846, chez Troupenas et Cie. Il est aussi le premier
compositeur à employer le saxophone (basse, en ut)
dans l'orchestre symphonique, pour son oratorio Le Dernier
Roi de Juda, créé au Conservatoire de musique
de Paris en 1844. Il est bientôt suivi par Meyerbeer, Massenet
et Saint-Saëns. Lors des représentations de Tannhaüser
à l'Opéra de Paris, Richard Wagner préconise
l'emploi de saxophones à défaut de cors. Ambroise
Thomas utilise le saxophone alto dans Hamlet (1898) aussi
bien comme accompagnateur que comme soliste. Mais c'est pour le
mélodrame d'Alphonse Daudet, L'Arlésienne
(1872), que Georges Bizet écrit un des premiers grands
solos pour saxophone alto, à partir duquel il compose plus
tard deux suites symphoniques. C'est incontestablement l'œuvre
pour saxophone la plus célèbre du XIXe siècle.
Rapidement, les harmonies
et les fanfares
militaires adoptent le saxophone qui donne une plénitude
et une puissance de son et crée une homogénéité
de timbres
entre les bois et les cuivres.
Au XIXe siècle, les quelque 300 « solos » sont
composés pour saxophone et destinés à être
joués au Jardin d'Hiver, salle Sax, rue Saint-Georges ou
sous les kiosques à musique.
Il faut attendre le début du XXe siècle avec la
Rhapsodie pour orchestre et saxophone de Claude Debussy
(1903) et le Choral varié op. 55 de Vincent d'Indy
(1903) pour que le saxophone trouve véritablement sa place
au sein de l'orchestre symphonique. Un peu plus tard, Maurice
Ravel dans le Boléro (1928) et Serge Prokofiev dans
le Lieutenant Kijé (1934-1937) offrent
des solos au saxophone ténor. Deux virtuoses accèdent
à la notoriété :
Marcel Mule et Sigurd
Rascher.
Mais c'est le jazz qui révèle le saxophone au grand
public et lui donne ses lettres de noblesse. Son timbre nuancé
séduit les chanteurs de negro - spirituals qui s'en emparent
: il est au cœur de cette nouvelle musique qui voit le jour
à la Nouvelle Orléans (1920-1925).
Dès lors, de grands saxophonistes ne cessent de ponctuer
l'histoire du jazz : dans les années 30 et 40, Ben Webster,
Coleman Hawkins (orchestre de Duke Ellington), Lester Young, Charlie
Parker ; dans les années 50 et 60. Ornette Coleman, John
Coltrane, Stan Getz, Pharoah Sanders, Sonny Rollins, et de nos
jours, Michael Breker, Joe Lovano ou, en France, François
Jeanneau, Julien Loureau...
De nombreux compositeurs du XXe siècle sont alors influencés
par le jazz et l'intègrent dans leur orchestration : George
Gershwin (Rhapsody in Blue, Porgy and Bess, Un américain
à Paris en 1928...) ou encore Leonard Bernstein
(West side story en 1957). Igor Stravinski compose Ebony
Concerto (1945) pour l'orchestre de Woody Hermann.
Dans les stages de jazz, les « apprentis-saxophonistes »
sont les plus nombreux, témoins du succès artistique
et technologique de l'invention d'Adolphe Sax.
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