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Histoire de l'instrument

Le saxophone en musique

Concert chez Adolphe Sax avec Abd-el-Kader, Anonyme, E.975.6.4, © Cité de la musique - Photo : Jean-Marc Angles
Concours de saxophones au Conservatoire de Paris en juin 1943 © CNSMDP, Paris
Erskine Tate's Band, avec Louis Armstrong, début des années 20. © Coll. Francis Paudras. Jazz memories
Lester Young, 1938, © Coll. Francis Paudras. Jazz memories
Concert donné par la musique de la Garde républicaine Luxembourg à Paris, © BnF Estampes
Affiche du grand casino d'Oran © BnF, Estampes

Georges Kastner publie la première méthode de saxophone en 1846, chez Troupenas et Cie. Il est aussi le premier compositeur à employer le saxophone (basse, en ut) dans l'orchestre symphonique, pour son oratorio Le Dernier Roi de Juda, créé au Conservatoire de musique de Paris en 1844. Il est bientôt suivi par Meyerbeer, Massenet et Saint-Saëns. Lors des représentations de Tannhaüser à l'Opéra de Paris, Richard Wagner préconise l'emploi de saxophones à défaut de cors. Ambroise Thomas utilise le saxophone alto dans Hamlet (1898) aussi bien comme accompagnateur que comme soliste. Mais c'est pour le mélodrame d'Alphonse Daudet, L'Arlésienne (1872), que Georges Bizet écrit un des premiers grands solos pour saxophone alto, à partir duquel il compose plus tard deux suites symphoniques. C'est incontestablement l'œuvre pour saxophone la plus célèbre du XIXe siècle.

Rapidement, les harmonies et les fanfares militaires adoptent le saxophone qui donne une plénitude et une puissance de son et crée une homogénéité de timbres entre les bois et les cuivres.
Au XIXe siècle, les quelque 300 « solos » sont composés pour saxophone et destinés à être joués au Jardin d'Hiver, salle Sax, rue Saint-Georges ou sous les kiosques à musique.

Il faut attendre le début du XXe siècle avec la Rhapsodie pour orchestre et saxophone de Claude Debussy (1903) et le Choral varié op. 55 de Vincent d'Indy (1903) pour que le saxophone trouve véritablement sa place au sein de l'orchestre symphonique. Un peu plus tard, Maurice Ravel dans le Boléro (1928) et Serge Prokofiev dans le Lieutenant Kijé (1934-1937) offrent des solos au saxophone ténor. Deux virtuoses accèdent à la notoriété : Marcel Mule et Sigurd Rascher.

Mais c'est le jazz qui révèle le saxophone au grand public et lui donne ses lettres de noblesse. Son timbre nuancé séduit les chanteurs de negro - spirituals qui s'en emparent : il est au cœur de cette nouvelle musique qui voit le jour à la Nouvelle Orléans (1920-1925).
Dès lors, de grands saxophonistes ne cessent de ponctuer l'histoire du jazz : dans les années 30 et 40, Ben Webster, Coleman Hawkins (orchestre de Duke Ellington), Lester Young, Charlie Parker ; dans les années 50 et 60. Ornette Coleman, John Coltrane, Stan Getz, Pharoah Sanders, Sonny Rollins, et de nos jours, Michael Breker, Joe Lovano ou, en France, François Jeanneau, Julien Loureau...

De nombreux compositeurs du XXe siècle sont alors influencés par le jazz et l'intègrent dans leur orchestration : George Gershwin (Rhapsody in Blue, Porgy and Bess, Un américain à Paris en 1928...) ou encore Leonard Bernstein (West side story en 1957). Igor Stravinski compose Ebony Concerto (1945) pour l'orchestre de Woody Hermann.
Dans les stages de jazz, les « apprentis-saxophonistes » sont les plus nombreux, témoins du succès artistique et technologique de l'invention d'Adolphe Sax.

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