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Lénine, Staline et la musique

Réalisme socialiste

« Ennemis du peuple »

Vue de l'exposition, photo Léonie Young © Cité de la musique

Le début de la guerre froide inaugure un nouveau schéma binaire capitalisme-socialisme. Dans le domaine culturel, Andreï Jdanov, bras droit de Staline pour les affaires culturelles, conforte les préceptes du réalisme socialiste, déjà énoncés au début des années 1930. Dès 1946, le régime cherche à étouffer les velléités de liberté de penser apparues pendant la guerre. La littérature (notamment les écrivains Anna Akhmatova et Mikhaïl Zochtchenko), le théâtre et le cinéma sont surveillés scrupuleusement par la censure. Convoqués pour des réunions d’autocritiques interminables, les acteurs de la vie musicale sont contraints de se plier aux canons en vigueur. Serge Prokofiev, Dmitri Chostakovitch, Aram Khatchatourian et d’autres sont stigmatisés pour le formalisme de certaines de leurs œuvres et tentent de regagner les faveurs du pouvoir en composant cantates hagiographiques et musiques de film.

Apothéose de Staline

La victoire de l’Union soviétique sur le nazisme rehausse le prestige international du « généralissime » Staline, lequel dicte ses conditions aux Alliés à la Conférence de Yalta puis lors des accords de Potsdam. Auréolé par son triomphe, le chef suprême fait l’objet d’un culte de la personnalité sans pareil. Cette mise en scène omniprésente culmine en 1949 lors du soixante-dixième anniversaire du dictateur.

Le jdanovisme

Vue de l'exposition, photo Léonie Young © Cité de la musique

Andreï Jadnov proclame le réalisme socialiste comme unique esthétique soviétique. Pour la musique, les principes du jdanovisme, soumettant toute activité culturelle à la ligne du Parti au nom du « romantisme révolutionnaire », sont entérinés lors du premier congrès de l’Union des compositeurs soviétiques convoqués en avril 1948. Président de l’Union, Boris Assafiev soumet à une critique dévastatrice les « formalistes » russes et les « modernistes » occidentaux. À sa mort, en 1949, lui succède le compositeur Tikhon Khrennikov, qui demeure aux commandes quarante-trois ans, jusqu’à la disparition de l’URSS en 1991.

La culture musicale juive

Dans les années 1920, la Nouvelle École musicale juive trouve ses sources d’inspiration dans la musique liturgique de synagogue et dans la musique traditionnelle des Juifs de l’Est. Dès l’arrivée de Staline au pouvoir, la culture juive est progressivement étouffée. Après la guerre, l’antisémitisme s’amplifie. Au nom de la « lutte contre le cosmopolitisme », une campagne idéologique est menée en URSS à partir de 1949, visant l’intelligentsia soviétique considérée comme porteuse de scepticisme et de tendances pro-occidentales. Les Juifs, prétendus « cosmopolites sans racines » et taxés de manque de patriotisme, sont limogés et souvent arrêtés ou déportés. Le 13 janvier 1948, l’acteur et directeur du théâtre juif d’État (Goset), Solomon Mikhoëls, est assassiné à Minsk.

Le Goulag

Vue de l'exposition, photo Léonie Young © Cité de la musique

Créé par Lénine dès 1918, le système du Goulag constitue une monstrueuse machine de répression : des millions de prisonniers de guerre, « collaborateurs », « éléments socialement étrangers » et autres partisans nationalistes peuplent ces camps de travail forcé et nécessite une administration tentaculaire. Les activités musicales s’y développent de manière tant spontanée qu’encadrée. Premier grand chantier réalisé par des détenus, le canal de la mer Blanche à la mer Baltique est abondamment vanté par la propagande : Rodtchenko réalise un reportage photographique et les écrivains Maxime Gorki et Alekseï Tolstoï soulignent les vertus du travail rédempteur. Ce chantier coûtera la vie à 25 000 personnes.

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