> Dossiers pédagogiques > Expositions temporaires du Musée

Lénine, Staline et la musique

Réalisme socialiste

La « grande guerre patriotique  »

Vue de l'exposition, photo Léonie Young © Cité de la musique

Balayant l’illusion du Pacte germano-soviétique, la Seconde Guerre mondiale renvoie dos à dos deux conceptions du monde, bolchevisme et national-socialisme. L’invasion de l’Union Soviétique par les troupes nazies en juin 1941 prend de court le pouvoir stalinien mais la résistance s’installe durablement, notamment à travers le blocus de Leningrad puis lors de la bataille de Stalingrad qui amorce la « reconquête de la Mère-Patrie ». Le régime trouve dans la victoire finale une nouvelle légitimité : malgré le très lourd tribut payé à la guerre, c’est lui qui a sauvé le peuple de la barbarie nazie. Symbole de la victoire soviétique, le drapeau rouge flotte sur le Reichstag, à Berlin, le 30 avril 1945.

En dépit des conditions de vie difficiles, la création artistique ne faiblit pas et le régime accentue la propagande en protégeant les artistes. Une partie des créations de Chostakovitch et de Prokofiev est ainsi directement dictée par la ferveur populaire et les nécessités de la propagande : « Tout pour le front, tout pour la victoire ».

L’identité russe

Pour rassembler la Nation menacée par le fascisme, Staline réveille les mythes fondateurs de l’identité slave ou de l’histoire russe : la bataille de Koulikovo, le combat d’Alexandre Nevski contre les chevaliers Teutoniques, l’action unificatrice d’Ivan le Terrible. Ces sujets sont traités dans deux films historiques et novateurs de Sergueï Eisenstein qui témoignent de cet exceptionnel engagement patriotique.

Les artistes et la guerre

Vue de l'exposition, photo Léonie Young © Cité de la musique

Pendant la guerre, la musique est mobilisée pour galvaniser les troupes : des concerts au front de musique militaire ou de chansons légères sont notamment organisés. La plupart des compositeurs soviétiques, véritables « réserves d’or » de la culture, sont évacués à Alma Ata, Kouïbychev et à Novossibirsk. À la fin de la guerre, la réponse de certains d’entres eux à la victoire n’est cependant pas celle attendue par le pouvoir. La Neuvième Symphonie de Chostakovitch est ainsi totalement exempte de solennité et, par moments, ouvertement ironique. Le pouvoir ne manque pas de signifier ces faux pas aux maîtres de la musique soviétique.

Le blocus de Leningrad

Le siège de Leningrad par les troupes allemandes dure 900 jours, de septembre 1941 à janvier 1944. La population n’ayant pu être évacuée à temps, elle endure des conditions de vie épouvantables et fait preuve d’une attitude particulièrement digne et courageuse. Malgré les difficultés, la vie culturelle continue à se développer et la création est encouragée. Dédiée au combat contre le fascisme et à sa ville natale, la Septième Symphonie de Chostakovitch en est l’exemple le plus marquant. Les chefs d’orchestre soviétiques et américains s’en disputent la création. Après l’évacuation précoce de Chostakovitch en octobre 1941, elle est créée à Kouïbychev par l’orchestre du Bolchoï de Moscou puis jouée dans la capitale avant de faire l’objet d’une interprétation dans la ville assiégée, le 9 août 1942.

En savoir +

fermer
Votre nom :

Votre email :

Destinataire :

Message :
fermer
fermer
URL :
fermer