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Avertissement
Ce chapitre était présenté sur les postes de la médiathèque
pendant l'exposition.
Les extraits musicaux ne sont accessibles que pour les lecteurs de la médiathèque.
Portrait de Serge Gainsbourg,
Stefan de Jaeger, 1981,
collection Charlotte Gainsbourg
© Serge Anton
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Pour compléter la visite de l’exposition Gainsbourg 2008,
la Médiathèque de la Cité de la musique propose un itinéraire
musical dans l’œuvre de Serge Gainsbourg : Gainsbourg - Faux
rêveur for ever. A travers plus de quatre-vingts extraits
musicaux en ligne, commentés par Frédéric Lecomte,
le visiteur peut découvrir les différentes sources d’inspiration
musicale de l'artiste.
Véritable catalyseur des époques qu'il a traversées, Serge
Gainsbourg a emprunté, cité, détourné, mixé,
remixé, samplé, pour ne cesser de créer.
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Douze
belles dans la peau, Serge Gainsbourg (1958)
Ce mortel ennui, Serge
Gainsbourg (1958)
Quand mon 6,35 me fait les yeux doux,
Serge
Gainsbourg (1964)
Chatterton, Serge Gainsbourg (1967)
Je suis venu te dire que je m'en vais, Serge
Gainsbourg (1973)
Sorry Angel, Serge Gainsbourg (1984)
D’un tempérament particulièrement morbide, Gainsbourg a exprimé
et décliné le thème du suicide à maintes reprises, dès ses débuts
dans la chanson en 1958, alors âgé de trente ans.
Son premier 20cm, Du chant à la une (1958), impose d’emblée
ses pulsions macabres avec Douze belles dans la peau et
Ce mortel ennui : « Tu tomberas un jour sur un gars
/ Un gars qui t’enverra / Du plomb dans la cervelle / Et il t’poussera
des ailes », « Il faudra bien que j’me décide un jour / Mon
amour / A me faire la malle / Mais j’ai peur que tu n’ailles dans la
salle de bains / Tendre la main / Vers le Gardénal ».
Dans l'album Percussions (1964), Gainsbourg a le canon du revolver sur
la tempe et le doigt sur la gâchette au fil de Quand mon 6.35 me fait les
yeux doux : « C’est un vertige que j’ai souvent
/ Pour en finir / Pan ! Pan ! / J’trouve ça assez / Tentant ».
Autre hymne au suicide, Chatterton (1967) : « Chatterton
suicidé / Hannibal suicidé / Démosthène suicidé / Cléopâtre
suicidée / Isocrate suicidé / Marc-Antoine suicidé / Van Gogh
suicidé / Quant à moi ça ne va plus très bien. ».
Je suis venu te dire que je m’en vais (1973) évoque
son premier infarctus. Il s'en moquera plus tard en se vantant d’avoir enterré
tous ses cardiologues…
Sorry Angel (1984) exprime brutalement son esprit suicidaire
: « C’est moi qui t’ai suicidée / Mon amour / Moi qui t’ai
ouvert les veines / Je sais / Maintenant tu es avec les anges / Pour toujours et
à jamais ». A l’origine le texte était : « C’est
toi qui m’a suicidé…».
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L'alcool,
Serge Gainsbourg(1958)
Intoxicated Man, Serge Gainsbourg (1962)
Maxim's, Serge Gainsbourg(1963)
Pleure-moi un verre, Serge Gainsbourg (1970)
Ecce Homo, Serge Gainsbourg (1981)
La meilleure façon de se fâcher avec Gainsbourg était de le traiter « d’alcoolique »,
terme qu’il détestait, préférant l’appellation
« d’éthylique. »
L’alcool (1958) : « Mes illusions donnent
sur la cour / Des horizons j’en ai pas lourd / Mais dans les troquets du faubourg
/ J’ai des ardoises de rêveries / Et le sens de l’ironie. / Et
quand les troquets ont éteint leurs néons / Qu’il ne reste plus
un abreuvoir à l’horizon / Ainsi j’me laisse bercer par le calva / Et
le dieu des ivrognes guide mes pas. »
Gainsbourg poursuit ses aveux spontanés dans Intoxicated Man
(1962) sur fond de jazz shuffle dominé par un orgue Hammond et une
batterie lancinante : « Je bois / À trop forte doses / Je vois / Des éléphants
roses / Des araignées sur le plastron / D’mon smoking / Des chauves-souris
au plafond/ Living-Room. »
L’année suivante, l’album de jazz intimiste Confidentiel
réunit le génial Elek Bacsik à la guitare électrique et Michel
Gaudry à la contrebasse. Gainsbourg continue d’évoquer son alcoolisme
chronique : « Et s’envoyer des dry au Gordon et des Pimm’s / Number
one avant que de filer chez Maxim’s. » (Maxim’s,
1963)
En 1970, Gainsbourg enregistre un titre inédit : Pleure-moi
un verre, détournement de Pleure-moi des rivières,
version française du standard de jazz Cry Me A River.
Dans Ecce Homo (Album Mauvaises nouvelles des étoiles,
1981) Gainsbourg devient Gainsbarre, « Quand Gainsbarre se bourre, Gainsbourg
se barre », dira-t-il, et toujours cet alcoolisme chronique : « On
me trouve au hasard / Des night-clubs et des bars / Américains c’est
bonnard. »
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L'eau
à la bouche, Serge Gainsbourg(1959)
Strip-Tease, Serge Gainsbourg (1966)
Femme fatale, The velvet Underground (1967)
Les sucettes, Serge Gainsbourg (1969)
Serge Gainsbourg provoque. Il se déclare « obsédé sexuel,
affirmatif » (No comment, 1984). Un de ses thèmes favoris est l’acte
érotique.
Il suggère, rassure, manie parfois le cynisme mais laisse à chacun la liberté
de comprendre ce qu’il veut… « Et pour que tu ne t’effarouches
/ Vois, je ne prends que ta bouche. » (L’eau à la bouche,
1959).
La chanson de la bande originale du film Strip-Tease (1962)
a été écrite pour Juliette Gréco et interprétée
en français, par la diaphane Nico en 1966, femme fatale, égérie et
chanteuse du groupe avant-gardiste de Lou Reed, The Velvet Underground. L’orchestration
est calquée sur L’Eau à la bouche : « Mais
ce ne sont là que chimères / De ma bouche à ma jarretière… »
En 1969, après avoir offert un cadeau empoisonné à France Gall en 1966,
Gainsbourg interprète sans équivoque sa propre version de la chanson
Les Sucettes : « Lorsque le sucre d’orge coule
dans la gorge d’Annie / Elle est au paradis. »
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Du
jazz dans le ravin, Serge Gainsbourg (1958)
Black trombone, Serge Gainsbourg (1962)
J'suis snob, Boris Vian (1954)
Le jazz a influencé très tôt l’univers musical de Gainsbourg et a marqué
au fer de la « blue note » ses premiers enregistrements. Sa rencontre
avec Boris Vian et le Paris de Saint-Germain-Prés est déterminante.
L'instrumentation du morceau Du jazz dans le ravin (1958)
comporte un vibraphone, un piano, une contrebasse, une batterie jouée aux
balais et un saxophone ténor, l’ensemble swingant jazz cool
à tout va.
Dans Black trombone (1962), la contrebasse embrasse un
« Black trombone monotone qui tourbillonne / Gramophone et bâillonne mon ennui. »
L’ensemble s'étoffe, à partir du troisième couplet, d’une section
de cuivres particulièrement percussifs.
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La
javanaise, Serge Gainsbourg (1963)
Valse de Melody, Serge Gainsbourg (1971)
Véritable « musicophage », Serge Gainsbourg a composé dans tous
les styles de musique. En 1962 (enregistré en 1963), il écrit une
de ses toutes premières valses à trois temps, La javanaise dont
le texte, très en avance sur son temps, anticipe d’une trentaine d’années
les phrasés du rap : « J’avoue j’en ai bavé
pas vous / Mon amour / Avant d’avoir eu vent de vous / Mon amour / La
vie ne vaut d’être vécue / Sans amour / Mais c’est vous
qui l’avez voulu / Mon amour.» étoffé de chœurs sensuels
et d’une orchestration dans laquelle domine la section de cordes, cet hymne
à l’amour est un joyau de la chanson française.
La Valse
de Melody (album Histoire de Melody Nelson, 1971)
immortalise une minute et trente-deux secondes de stupeur et de rêve absolu,
magistralement arrangé par Jean-Claude Vannier. Et toujours cette relation
obsessionnelle, passionnelle et claustrophobe : « Les murs d’enceintes
du labyrinthe s’entrouvrent sur l’infini. »
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New-York
USA, Serge Gainsbourg(1964)
Akiwowo, Olatunji (1960)
Avec le magnifique album Percussions paru en 1964, Serge Gainsbourg est
une fois de plus à l’avant-garde, enregistrant le tout premier disque de « World
Music » en français.
Gainsbourg n’est pas un sapeur pompier, c’est un pompeur sapé
qui n’a pas hésité à décalquer note pour note la chanson
Akiwowo, extraite de l’album Drums Of Passion
du batteur nigérien Babatunde Olatunji, paru quatre ans auparavant.
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Ces
petits riens, Serge Gainsbourg (1964)
L'amour qui marche, Bernard Lavilliers (1977)
Un autre exercice de style auquel se livre Gainsbourg : l'écriture d'une
bossa-nova. Suivant une ligne rythmique et harmonique basique et standard, Gainsbourg
nous offre un chef-d’œuvre en 1964 (album Percussions). L'arrangement
de la chanson Ces petits riens - signé Alain Goraguer
- repose sur une guitare acoustique rythmique inspirée, doublée d’une
guitare électrique jazzy en diable. Une contrebasse, des percussions et le
tour de passe-passe est joué !
Très troublante est la similitude de Ces petits riens
avec L’amour qui marche, chanson de Bernard Lavilliers
(album 15ème Round, 1977). Interprétées en bossa-nova up
tempo, les lignes rythmiques et harmoniques suivent la même grille
d’accords : « Je suis l’amour qui danse jamais sur le temps
/ Entre les croches / Toujours en l’air/ Et pourtant ».
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Coco
& C°, Serge Gainsbourg (1964)
L'anamour, Serge Gainsbourg (1969)
La Horse, Serge Gainsbourg (1969)
Cannabis, Serge Gainsbourg (1970)
My Lady Heroïne, Serge Gainsbourg (1977)
Sur un marché persan, Albert Ketèlbey (1920)
Brigade des stups, Serge Gainsbourg (1979)
Aux enfants de la chance, Serge Gainsbourg
(1987)
Durant toute sa vie, Serge Gainsbourg a toujours nié avoir pris de la drogue
alors que ce thème est omniprésent dans sa discographie. « Je ne prends
que des lignes aériennes » se plaisait-il à dire.
La drogue est évoquée dans Coco & C°
(album Percussions, 1964) : « écoute, le gars qui jazzote /
T’entends / Ah comme il saxote / Il est camé à zéro / Coco
& C°. "
En 1969, Gainsbourg compose la bande originale du film La Horse
(en argot, l’héroïne), avec Jean Gabin, et avoue dans L’anamour :
« je sème des grains de pavot sur les pavés ».
L’année suivante, il écrit pour la bande originale du film
Cannabis la chanson au titre éponyme dans laquelle il vante
les effets subtils de la drogue.
En 1977, Gainsbourg publie le 45-tours My Lady Héroïne
dont le texte est sans équivoque : « Oh my lady héroïne
/ Mon opium ma cocaïne / Es-tu venue d’Extrême Orient / Ou bien d’un
marché persan ? ». Il reprend justement le thème composé
par Ketèlbey : Sur un marché persan (1920).
En 1979, il écrit Brigade des stups, dans l’album
Aux Armes et cætera : « A la brigade des stups / Idée
fixe la chnouf / J’ai les moules je flippe / C’est pas mon genre de
trip. »
Enfin, la chanson Aux enfants de la chance (album You're
Under Arrest, 1987) est empreinte de morale : « Je dis dites
leur et dis leur / De casser la gueule aux dealers. »
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Scène
de bal 1, Serge Gainsbourg (1966)
Je t'aime moi non plus, Serge Gainsbourg,
Brigitte Bardot (1967)
Je t'aime moi non plus, Serge Gainsbourg,
Jane Birkin(1969)
Ça (Je t'aime moi non plus), Bourvil,
Jacqueline Maillan (1970)
La ligne mélodique et la progression d’accords de Je t’aime
moi non plus ont été écrites dès 1966, lorsque
Gainsbourg compose la musique instrumentale du film Les Cœurs Verts
réalisé par Edouard Luntz.
Sous la direction musicale de Michel Colombier, l’orchestre - composé
d’une guitare électrique solo teintée d’un léger
trémolo, d’une guitare rythmique en retrait, d’un orgue, d’une
basse et d’une batterie - interprète ce qui sera un des plus grands succès
de Serge Gainsbourg.
Fin 1967, Gainsbourg enregistre la première version chantée de Je
t’aime moi non plus en duo avec Brigitte Bardot. Toujours
sous la houlette de Michel Colombier, le couple livre une version sulfureuse au
final orgasmique enrobé de cordes luxuriantes. Cet enregistrement marque
le point de rupture entre Gainsbourg et Bardot qui refuse immédiatement que
la chanson soit publiée. Cette version restera dans un coffre-fort jusqu’en
1986.
C’est en duo avec sa nouvelle égérie, Jane Birkin, que Gainsbourg
enregistre, en 1969, la version officielle de Je t’aime moi non plus.
Beaucoup plus rythmée, le chant doublé à l'orgue, elle sera,
grande première pour une chanson française, numéro 1 en Angleterre. La chanson
fait scandale en France.
Bourvil et Jacqueline Maillan en font un pastiche cocasse en 1970.
Quant au titre de ce « duo en râles mineurs », il fut inspiré
par cette phrase de Dali : « Picasso est espagnol, moi aussi. Picasso est peintre,
moi aussi, Picasso est communiste, moi non plus ».
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La
chanson du forçat, Serge Gainsbourg (1966)
Fixin to Die, Bob Dylan (1961)
L’œuvre pluridisciplinaire de Bob Dylan est l’une des influences
majeures de Serge Gainsbourg. En 1966, Gainsbourg compose et écrit la bande
originale de la série télévisée Vidocq, dont
fait partie La chanson du forçat.
Une guitare acoustique, en fingerpicking, accompagne Gainsbourg qui, plus
« dylanien » que jamais, rend hommage à la beat generation s’épanouissant
à Greenwich Village.
Ce titre s’inscrit dans la veine des premiers enregistrements de Bob Dylan,
alors âgé de vingt ans. Fixin' To Die (1961), figure
sur le premier album du futur gardien du temple de la contre-culture américaine.
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Initials
B.B. (1968)
Ford Mustang (1968)
Coup de génie! Sa liaison passionnelle avec Brigitte Bardot en 1967 donne
des ailes à Serge Gainsbourg . Il compose deux hymnes dont les couplets s’articulent
autour de la même suite d’accords, jouant entre le mode majeur et le
mode mineur.
Le premier, Initials B.B., est signé Arthur Greenslade,
arrangeur et directeur musical ayant travaillé avec Cat Stevens, Diana Ross,
Dusty Springfield, ou encore Shirley Bassey. Les voix de l’orchestre
symphonique se déploient avec lyrisme.
Le second, Ford Mustang, sur un texte franco-anglais,
est un exercice de style périlleux quant à la synchronisation entre Serge
Gainsbourg et sa choriste.
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Requiem
pour un twister, Serge Gainsbourg(1962)
Requiem pour un con, Serge Gainsbourg (1968)
La mort est le thème obsessionnel qui hante l'artiste, comme en témoignent
ses Requiem, l’un yéyé, l’autre psychédélique.
Le premier, Requiem pour un twister, paraît en
1962. A
l’époque, le twist est la danse en vogue. Introduction à l’orgue
Hammond en contre-point, batterie et contrebasse, phrasés jazzy et voix susurrée
sur le refrain : « Dites-moi l’avez vous connu à jeun / Le contraire
m’eût étonné / Il n’est pas un soir qu’il ne fût
bourré / Quel farceur / Requiem pour un twister. »
Le deuxième Requiem est légendaire. Requiem pour un con
(1968) constitue la bande originale du film Le Pacha dans lequel Serge
Gainsbourg fait une courte apparition en studio d’enregistrement, jouant son
propre rôle.
Ce titre marque un tournant décisif : Gainsbourg s’adonne au talk-over
et ponctue de ses fameux « Ouais ! » un texte parlé et non
plus chanté, à l’instar des Talkin’ Blues ancestraux
nés dans le Delta du Mississippi, anticipant rap, hip-hop et slam.
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Jane
B., Serge Gainsbourg(1969)
Prélude n° 4 op. 28, Frédéric
Chopin (1839)
Baby alone in Babylone, Serge Gainsbourg
(1983)
Symphonie n°3 op. 90, Johannes Brahms (1883)
Lost Song, Serge Gainsbourg (1987)
Peer Gynt, Chanson de Solveig,
Edvard Grieg (1891-1892)
Serge Gainsbourg a, plus que tout autre, puisé dans le répertoire
de la musique classique, qu’il écoutait et appréciait.
Dès 1969, pour Jane B., Gainsbourg adapte le 4e
prélude op. 28 de Frédéric Chopin, chantée
par Jane Birkin.
Toujours interprété par Jane Birkin, le thème de Baby Alone
In Babylone (1983), extrait du premier album d’une trilogie
bouleversante mettant en scène leur rupture, s’inspire du 3e mouvement
de la symphonie n°3 de Brahms.
A la demande de Jane Birkin, Serge Gainsbourg emprunte la mélodie de
Lost Song (1987) à la Chanson de Solveig de Grieg.
L’album éponyme compose le deuxième volet de sa trilogie évoquant
les amours perdues (le troisième volet étant Amours des feintes,
1990)
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Par hasard et pas rasé, Serge Gainsbourg
(1973)
Aux
armes et caetera, Serge Gainsbourg (1979)
La
nostalgie camarade, Serge Gainsbourg
(1981)
Mon
légionnaire, Serge Gainsbourg (1987)
Les relations entre Serge Gainsbourg et l’armée ont toujours été
tumultueuses. Gainsbourg, qui avoua avoir pris goût à l’alcool durant son
service militaire, eut particulièrement des rapports difficiles avec les parachutistes.
En 1973, il chante « Par hasard et pas rasé / Je rapplique chez elle
et sur qui j’tombe / Comme par hasard un para / le genre de mec qui les tombe
/ Toutes ».
Puis arrive le scandale de Aux armes et caetera (1979),
version reggae de l'hymne national. A Strasbourg, des paras investissent la salle
de concert pressés d’en découdre. Les musiciens jamaïcains,
paniqués, refusent de monter sur scène. Serge affronte seul les paras en
hurlant : « Je suis un insoumis qui a redonné son sens initial
à
la Marseillaise
».
En 1981, il écrit
La
Nostalgie Camarade
: « Il s’en passe des choses sous ton crâne / Rasé c’est
plein de tristesse et de kif/ Tu te vois encore en tenue léopard bourrée
d’explosifs / Sauter de ton aéroplane. »
Enfin, dans son dernier album en 1987, Gainsbourg détourne, façon gay,
Mon légionnaire, standard chanté à l’origine
par Edith Piaf.
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Rock Around the Clock, Bill Haley & The Comets
(1954)
Rock
Around The Bunker, Serge Gainsbourg
(1975)
En juillet 1955, (We’re Gonna) Rock Around The Clock,
composition de James Myers alias Jimmy DeKnight et de Max C. Freedman, déferle
sur les ondes radiophoniques et impose Bill Haley et ses Comets au sommet des charts
américains. La chanson paraît d’abord en 1954 sur la face B du
45-tours Thirteen Women (And Only One Man In Town) mais passe totalement
inaperçue. Choisie pour composer la bande originale du film Blackboard Jungle,
elle devient un succès international et le solo de guitare de Danny Cedrone
est resté dans les mémoires.
Vingt ans après, Serge Gainsbourg écrit et compose Rock Around The
Bunker (1974, édité en 1975), à une époque
où de violents groupuscules néo-nazis réapparaissent en France.
Serge Gainsbourg se souvient, plus que jamais, du petit Lucien Ginsburg, enfant
ayant porté l’étoile jaune pendant l’occupation :
« J’ai gagné
la Yellow Star
… »
Très offensif, (le morceau débute par une explosion), Gainsbourg a les mots
revolver sur une musique aux accents de pur rock’n’roll : « Un
monde immonde s’abîme / Tout flambe les tombes les temples / Exemple sublime
/ Goddam/ Tout crame / Et tombe / En ruine…Rock around the bunker, rock around,
rock around ! ».
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Marilou
Reggae, Serge Gainsbourg(1976)
Marilou Reggae Dub, Serge Gainsbourg (1979)
Roots, Rock, Reggae, Bob Marley & The Wailers
(1976)
En 1974, la reprise par Eric Clapton de I Shot The Sheriff de Bob
Marley est le premier succès reggae aux Etats-Unis et en Europe.
L’onde de choc est considérable, des Rolling Stones à Bob Dylan, tout
le monde se met au rythme du reggae.
Deux ans plus tard, Serge Gainsbourg est le premier artiste français à injecter
le terme reggae dans un titre de chanson : Marilou reggae
(1976), figurant sur l’album culte L'homme à tête de chou.
A l’occasion de son premier album reggae, Aux Armes et caetera (1979),
Gainsbourg recycle et enregistre une véritable version reggae en Jamaïque
de Marilou reggae - Marilou reggae dub
- avec certains musiciens de Bob Marley. Le thème est inspiré de
Roots, Rock, Reggae (1976), de Bob Marley & The Wailers, album
Rastaman Vibration.
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Variations
sur Marilou, Serge Gainsbourg (1976)
Hey Joe, The Jimi Hendrix Experience (1967)
Suspicious Minds, Elvis Presley (1969)
Get It On, T-Rex (1971)
Under
My Wheels, Alice Cooper (1973)
Walk On the Wild Side, Lou Reed (1972)
Star Star, The Rolling Stones (1973)
Au fil de ce chef d’œuvre qu’est Variations sur Marilou
(album L'homme à tête de chou, 1976), Serge Gainsbourg évoque
les fantasmes musicaux de Marilou : « Pupille absente iris absinthe baby
doll / écoute ses idoles / Jimi Hendrix / Elvis / Presley T-Rex Alice / Cooper,
Lou Reed les Roll / Ing Stones elle en est folle / Sur fond de rock’n’roll
/ S’égare mon Alice / Au pays des malices / De Lewis Caroll. »
Sa manière de scander le texte (césure au milieu du mot) est un clin d’œil
fait à Cole Porter (1891-1964), dont les compositions sont devenues de grands standards
de jazz.
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Ex
fan des sixties, Serge Gainsbourg(1978)
Apache, The Shadows (1960)
Mr. Tambourine Man, The Byrds (1965)
Light My Fire, The Doors (1966)
The House of Rising Sun, The Animals (1964)
Nights in White Satin, The Moody Blues (1967)
Strawberry Fields For Ever, The Beatles (1967)
Lady Jane, The Rolling Stones (1966)
Summertime Blues, Eddie Cochran (1956)
Peggy Sue, Buddy Holly (1957)
Little Wing, The Jimi Hendrix Experience (1967)
Sitting on the Dock of the Bay, Otis Redding
(1968)
Piece of my Heart, Janis Joplin (1968)
Autre exemple flagrant des influences rock de Serge Gainsbourg : Ex
fan des sixties (1978), chanson écrite et composée
pour Jane Birkin (album éponyme), truffée de références
rock’n’roll : « Où est l’ombre des Shadows / Des Byrds
des Doors / Des Animals des Moo- / Dy Blues / Séparés Mac Cartney
/ George Harrison / Et Ringo Starr Et John / Lennon / Disparus Brian Jones /
Jim Morrison / Eddie Cochran / Buddy Holly / Idem Jimi Hendrix / Otis Redding /
Janis Joplin / T-Rex / Elvis ».
Gainsbourg évoque avec nostalgie l'âge d'or du rock'n'roll des sixties avec
son lot de drames et de morts prématurés.
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Aux
armes et caetera, Serge Gainsbourg (1979)
My Way, The Sex Pistols (1979)
Mon légionnaire, Serge Gainsbourg (1987)
L’un des exercices de style préféré de Serge Gainsbourg
demeure le détournement : « Mineure détournée de
l’attraction des astres » écrit-il dans la chanson Cargo Culte
(album Melody Nelson, 1971).
Mais c’est bien sûr avec sa version reggae de La Marseillaise, Aux armes et caetera,
1979) que Gainsbourg crée le scandale.
La même année, dans le même esprit, Sid Vicious, chanteur des
Sex Pistols, dont Serge Gainsbourg avait le portrait sur son piano, massacre allègrement
le standard international My Way façon punk. Et c'est génial...
Toujours aussi provocateur, Gainsbourg donne une nouvelle version de Mon
légionnaire (album You're Under Arrest,1987),
standard de la chanson française popularisé par Edith Piaf. L’interprétation
de Gainsbourg, qui ne change pas le texte, l’oriente vers l’homosexualité.
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Beau
oui comme Bowie, Serge Gainsbourg (1983)
Rebel Rebel, David Bowie (1974)
En 1983, Serge Gainsbourg écrit et compose un album pour l’actrice
Isabelle Adjani. Ce duo explosif transforme ce coup d’essai en coup de maître,
notamment avec la chanson Beau oui comme Bowie :
« Mâle au féminin / Légèrement fêlé / Un peu trop
félin… »
Il emprunte le phrasé rythmique de Rebel Rebel
de David Bowie à qui il rend hommage.
A l’instar de David Bowie, Gainsbourg n’a cessé d’explorer
toutes les facettes de la musique et de la mise en scène de son personnage, créant
une œuvre riche et protéiforme.
Rebel Rebel ? Affirmatif!
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Lemon
Incest, Serge Gainsbourg (1984)
Etude en mi majeur opus 10 n°3, Frédéric
Chopin (vers 1833)
Oh Daddy Oh, Serge Gainsbourg(1986)
Charlotte for ever, Serge Gainsbourg (1986)
Entrave, Serge Gainsbourg (1986)
En 1984, Gainsbourg fait une fois de plus scandale avec la chanson Lemon
Incest (album Love On The Beat). « L’amour
que nous n’ f’rons jamais ensemble » semble comme une excuse d’un
père, que ses proches qualifient de « maladivement pudique », à sa fille.
La musique est un arrangement de l’étude n°3 en mi majeur opus
10 de Frédéric Chopin.
La même année, Gainsbourg écrit et compose l’album
Charlotte for ever, véritable déclaration d'amour
paternel à Charlotte, qui lui donne la réplique.
Mais Gainsbourg offre à sa fille un droit de réponse, tout en reproches :
« Oh Daddy Oh / Comme Rudolph Valentino / Tu baises tu fumes tu bois trop »…
Entrave, n’est que la version instrumentale reprise
pour la bande originale du film Tenue de Soirée (1986).
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