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Christian Marclay : Replay

Biographie
 
 

 

Performance 1980

© Christian Marclay

Courtesy galerie Paula Cooper

New-York

Dj trio,Ircam,Paris

© Christian Marclay

Courtesy galerie Paula Cooper

New-York

Le Phonoguitar

© Christian Marclay

Courtesy galerie Paula Cooper

New-York

Performance, Tojo-Reitschle Bern, 8 -14-04

© Christian Marclay

Courtesy galerie Paula Cooper

New-York


Né en 1955 à San Rafaël, Californie, Christian Marclay vit et travaille à New York.


FORMATION :

de 1977 à 1980 : Boston Massachusetts College of Art Bachelor of Fine Arts, Cooper Union, New York, programme d’échange de 1975 à 1977 : École supérieure d’Art visuel, à Genève.


Christian Marclay est représenté par la Galerie Paula Cooper à New York. Il est également représenté par la galerie Yvon Lambert à Paris et White Cube à Londres.


Six photographies en couleur déchirées représentent une fanfare américaine défilant dans un parc sous un soleil éclatant. Une série de postes de télévision disposés en cercle diffusent des vidéos d’objets Fluxus provenant du Walker Art Center de
Minneapolis et, sous les manipulations de l’artiste, réalisent un concert bruitiste.

Ces deux installations du plasticien californien Christian Marclay, exposées en octobre 2005 à la Galerie Yvon Lambert, illustrent deux de ses multiples manières d’évoquer la musique.

La photographie et la vidéo, la fanfare et la manipulation sonore, la culture populaire et le musée, le silence et les sons… Ces jeux d’opposition sont au centre de la démarche de Christian Marclay.


Deux courants artistiques l’ont principalement influencé: le ready-made de Marcel Duchamp et le mouvement Fluxus.

Le premier courant déplace le centre de gravité de
l’œuvre, fabriquée manuellement par l’artiste, vers le travail de conception. Tout objet désigné par l’artiste devient de facto une œuvre d’art.


La seconde influence suscitée par des personnalités aussi différentes que Nam June Paik ou Joseph Beuys met la vie au centre du processus artistique.

La performance et le happening envahissent la scène artistique.

Ainsi Christian Marclay, après ses études à l’Ecole d’art visuel de Genève, puis au Massachusetts College of Art de Boston, devient un artiste performer.


En 1979, il réalise sa première performance avec disques. L’année suivante, il donne à
la Kitchen de New York sa première Disc composition.

En 1982, il fabrique son Phonoguitar à partir d’une platine utilisant des 33t. À la platine du DJ, il agrège un échantillonneur et un ordinateur.

Sa démarche musicale reste éloignée de la technique du sillon fermé propre à la musique concrète, il privilégie la technique du cut-up où l’objet sonore prélevé reste une litote qu’il complète avec la technique du scratch, consistant soit à modifier manuellement la vitesse de déroulement du disque, soit à frotter le sillon du vinyle sous le diamant de lecture.
Puis ses installations vidéo lui permettent d’impliquer le corps du spectateur.



Les années 90 sont aussi celles du retour au musée. En 1997 au Kunsthaus de Zurich, son installation au titre ironique Le Mur du son rassemble sur un des murs du musée l’ensemble des tableaux de la collection ayant pour thème la musique, face à un désordre de chaises aux formes multiples pour les visiteurs.

Ce retour au musée de Christian Marclay n’est pas une soumission à l’ordre des choses, mais une invocation à la « cointelligence » du spectateur et de l’artiste.

Avec The Bell and the Glass en 2003 au musée
d’Art de Philadelphie, Christian Marclay confronte la Cloche de la liberté de Philadelphie, symbole de la révolution américaine, au Grand Verre de Marcel Duchamp, symbole de l’émancipation de l’œuvre de sa représentation. Il perçoit une homologie entre les deux œuvres.

Ce jeu de miroir est aussi une mise en abyme du ready-made. Christian Marclay précise, à l’occasion de l’exposition zurichoise : « Dans mon œuvre, je me mesure constamment à la contradiction entre la réalité tangible de l’objet d’art en tant qu’objet et son intangibilité potentielle », puis il conclut : « L’idéal serait que j’exerce un art invisible. »

L’exposition parisienne, entre images vidéo et parcours à travers les sons, prolonge cette interrogation.


Article d’Omer Corlaix, tiré de la revue Cité Musiques

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