
Guitare, modèle sur pied, René
Lacôte, Paris, 1828, Musée de la musique, © Pierre-Olivier
Deschamps, agence Vu
Harpolyre, guitare à trois manche, J.F. Salomon, Besançon,
1829, Musée de la musique, © Pierre-Olivier Deschamps,
agence Vu
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Au
sortir de la Révolution française, les valeurs nouvelles
héritées des penseurs des lumières ont bouleversé
la société. Une idée s'impose : celle d'un
progrès rendu possible par la connaissance
au travers des arts, des sciences et des techniques. Le système
des corporations, qui avait pesé lourdement sur l'inventivité
et la créativité, notamment dans les milieux artisanaux,
laisse la place à une organisation plus souple des métiers.
L'instauration du système des brevets favorise nettement
les innovations.
La
guitare, en devenant un des instruments préférés
de la bourgeoisie alors en plein essor, profite dès le
début du XIXe siècle d'un exceptionnel mouvement
de libération
des formes qui se décline aussi au travers d'avancées
les plus diverses : guitare à double-table, guitare
harpe, guitare à 10 cordes (décacorde), guitare
« enharmonique » (à tempérament
réglable, dont les frettes sont mobiles), guitare ronde
etc.
La vogue de l'instrument
est telle qu'on parle bientôt de guitaromanie.
Après la musique
de salon vient celle du concert public. C'est le temps des virtuoses.
Les luthiers œuvrent sur un instrument sans cesse remis en cause
par la virtuosité technique de ses interprètes qui,
par ailleurs, jouent dans des salles de plus en plus grandes.
Paris
est alors la ville de toutes les rencontres, lieu privilégié
pour les grands solistes de l'époque. Il n'est donc pas
surprenant d'apprendre que le virtuose italien Niccólo
Paganini ait joué sur la guitare qui appartiendra ensuite
au compositeur français Hector
Berlioz.
Venus d'abord d'Espagne
et d'Italie, Fernando Sor (1778-1839), Dionisio Aguado (1784-1849),
Niccólo Paganini (1782-1840), Ferdinando Carulli (1770-1841),
se produisent en concerts à Paris, font de nombreux adeptes
et y publient leur musique.
Les romances et chansons
populaires côtoient les transcriptions d'airs d'opéra
et les œuvres pédagogiques (méthodes, études
etc.).
Jamais auparavant la
guitare n'avait connu un tel développement.
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