Guitare de Georges Brassens, Jacques Favino, Paris, 1981, Collection
Pierre Onteniente, © Cité de la musique

Guitare de Django Reinhardt, modèle
Django Reinhardt, Henri Selmer, Paris, 1940, © Cité
de la musique

Guitare de Jimi Hendrix Modèle Stratocaster
Fender, Fullerton, Etats-Unis, 1967, Collection Rock Stars Guitars,
San Diego, © Cité de la musique
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Née
dans l'Espagne médiévale et héritière
de la vihuela de mano, la guitare a connu un développement
unique dans l'histoire des instruments de musique.
L'engouement et la fascination
qu'elle suscite, tiennent avant tout à sa nature. Légère,
peu encombrante, elle séduit autant par ses potentialités
mélodiques et rythmiques que par ses capacités polyphoniques.
Qu'elle soit flamenca
ou rock, baroque ou jazz, blues, latine ou interprète d'écritures
savantes contemporaines, elle traduit par son universalité,
cette extraordinaire capacité d'adaptation que nul autre
instrument a jamais eu.
Sous les doigts d'artisans
expérimentés, de luthiers novateurs ou de bricoleurs
de génie, son corps ne cesse de se transformer, révélant
une personnalité éprise de liberté.
L'ère
industrielle va accroître et diversifier sa
production destinée aux plus fortunés comme aux
plus démunis. Elle devient alors l'instrument
privilégié des minorités opprimées,
asservies ou contestataires dont elle exprime la douleur, le désespoir
ou la lutte et incarne le plus souvent un profond désir
d'émancipation,
qu'il soit politique, social ou culturel. Lorsque l'amplification
électrique en libère la voix et la transfigure progressivement,
elle devient un véritable phénomène, une
icône que le système
aura tôt fait de récupérer à son compte.
Tel l'intérieur
d'un étui de guitare géant, l'exposition qui débute
avec le XIXe siècle présente plus d'une centaine
d'instruments dont certains ont appartenu à des musiciens
de légende : la guitare Favino de Georges Brassens, la
Selmer de Django Reinhardt, une Fender Stratocaster de Jimi Hendrix,
les deux guitares Bouchet du duo Presti-Lagoya, une Gibson
Les Paul de Pete Townshend, la «
Chrome Boy » Ibanez de Joe Satriani, la
Fender Telecaster Custom de John Lennon, la guitare Grobert
de Paganini et Berlioz, une Gibson
de David Gilmour, la
Fender Stratocaster de Frank Zappa, la
guitare rose de M, la
guitare de Donavan peinte par Jihn Byrne, la
Gibson modèle Drone-string de John McLaughlin...
Le parcours de l'exposition
se déroule en cinq séquences chronologiques (du XIXe siècle à
aujourd'hui) et thématiques (liberté, conquête, épopée, émancipation,
mondialisation). Il regroupe près d'une centaine de guitares provenant
de la collection du Musée de la musique mais également de prêts
exceptionnels de collections publiques et particulières, françaises
et étrangères.
En résonance avec l'exposition Travelling
Guitars, l'artiste Saâdane Afif présente Power
Chords, une installation sonore pour onze guitares
électriques automatisées. Cette œuvre récemment
primée par la fondation Prince Pierre de Monaco, montre
les ambiguités de l'émancipation de l'instrument
au travers de Money Chords, ces fameux accords qui ponctuent
l'histoire du rock et suffisent souvent à faire un tube...
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