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violons, Vuillaume

Vuillaume et les salons de musique parisiens
 

Le goût des salons parisiens de la première moitié du XIXe siècle pour les romances, danses, fantaisies et autres réminiscences inspirées d'opéras à la mode rend marginale l'évolution du répertoire du quatuor à cordes qui abandonne peu à peu les musiques « faciles » de Boccherini ou Pleyel pour les œuvres plus« difficiles » de Beethoven.

Le public qui assiste à cette époque aux séances des sociétés de quatuor à cordes est aussi resserré que le répertoire pratiqué, plutôt réservé face aux nouveautés et privilégiant le culte des Anciens contre les divertissements éphémères. A contrario de la musique populaire, une musique savante réservée à un public cultivé voit alors le jour.

Les amateurs issus des milieux aristocratiques, sur lesquels reposaient les sociétés de musique de chambre, sont évincés dans le courant du XIXe siècle par des musiciens professionnels, adeptes d'une pratique plus spectaculaire. Le quatuor émigre alors des salons vers les salles de concert.

En France, le principal acteur de cet « anoblissement » est le violoniste Pierre Baillot (1771-1842) qui, pendant les 154 séances données entre 1814 et 1840, a pour ambition d'offrir à un public payant une « galerie musicale de chefs-d'œuvre ». De nombreux autres artistes se lancent dans la carrière, tel Delphin Alard (1815-1888), le gendre de Vuillaume, qui fonde en 1838 une société qui vivra plus de 20 ans, se présentant comme la continuation de l'entreprise de Baillot.

Outre la pratique amateur qui se maintiendra encore quelques temps, des associations plus occasionnelles que les sociétés de musique de chambre officielles se constituent parfois, comme le trio formé en 1837 par Liszt, Urhan et Batta, pour jouer les sonates et les trios de Weber ou de Beethoven.

Si le panthéon viennois Haydn-Mozart-Beethoven forme le noyau du répertoire dès la seconde moitié du siècle, ses « dieux » ne sont pas équitablement représentés. Beethoven a certes toujours la préférence, même si ses derniers quatuors, réputés difficiles à jouer, suscitent parfois incompréhension et irritation. En revanche, la musique de ses prédécesseurs est soumise aux aléas de la mode. Alard, par exemple, n'aborde pas Haydn dans la première décennie d'existence de son quatuor, mais se spécialise après 1848 dans l'interprétation de son Opus 76 tandis que les Quintettes de Mozart ne quittent jamais les programmes de sa société.

Le poids des classiques viennois se fait aussi sentir sur les compositeurs modernes. Les deux chefs de file de l'école française, Georges Onslow puis son fils spirituel Adolphe Blanc, ne se détachent guère de leurs glorieux modèles. Et il faut attendre que l'idéal de la musique sérieuse soit ancré chez de jeunes compositeurs, comme Camille Saint-Saëns ou Edouard Lalo, et que le besoin d'une réaction nationaliste se fasse sentir pour que les vieux maîtres soient mis à distance, remplacés le plus souvent par Wagner et Schumann.

 

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