Violon dit Le Provigny,
Antonio Stradivari, Cremone, 1716, E.1730.1,
© Cité de la musique - Photo : Albert Giordan
Violon dit Le Davidoff, Antonio
Stradivari, Crémone, 1708, E.1111,
© Cité de la musique - Photo : Albert Giordan
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Jean-Baptiste
Vuillaume entretient avec le plus illustre de ses prédécesseurs,
Antonio Stradivari (1644-1737), une relation véritablement
passionnelle.
Ecumant pendant des
années les archives italiennes, il réunit la documentation
nécessaire à l'écriture de sa biographie
et demande à l'historien de la musique François-Joseph
Fétis (1784-1871) de mettre en forme le monument qu'il
souhaite élever à la mémoire de son maître
spirituel.
Cette « œuvre
pieuse », imprimée aux frais du luthier, paraît
en 1856. Quelques années plus tard, Vuillaume demande au
peintre Jean-Edouard Hamman une reproduction de son célèbre
tableau représentant Stradivari.
Mais l'enthousiasme de Vuillaume pour
le luthier crémonais s'exprime surtout par la collection,
la revente et la copie de ses violons. En effet, un grand nombre
d' instruments de Stradivari passent par son atelier, comme le
violoncelle de 1701 qu'il revend en 1864 au virtuose Adrien-François
Servais, qui lui donnera son nom.
Fasciné par son illustre modèle,
Vuillaume en réalisera d'innombrables copies tout au long
de sa carrière, dont le violon de 1715 qui appartient à
son gendre Delphin Alard puis à Pablo de Sarasate, et cherchera
sans relâche à percer le secret du vernis du luthier,
contactant même l'un de ses descendants pour lui soutirer
d'hypothétiques renseignements.
D'ailleurs, Vuillaume entretient lui-même ce mythe. Ainsi,
quand il acquiert Le Messie (1716), qui servira par la
suite de modèle à la plupart des copies de Stradivari
faites dans la dernière partie de sa carrière, il
cache longtemps ce violon extraordinaire, ne le montrant après
un étrange cérémonial qu'à quelques
rares privilégiés.
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