> Dossiers pédagogiques > Expositions temporaires du Musée

violons, Vuillaume

Vuillaume, l'homme d'affaires
 
Archet de violon, Dominique Peccatte, Paris, XIXe , E.2018 bis, © Cité de la Musique - Photo : Jean-Marc Anglès

Au soir de sa vie, Vuillaume confie : « La lutherie est une toute petite affaire quand on ne fait que travailler. Il faut donc ajouter le commerce au travail. C'est ce que j'ai fait et m'en suis bien trouvé. »

Sa correspondance avec son frère Nicolas François (1802-1878), luthier lui aussi, établi à Bruxelles, témoigne de ses talents d'homme d'affaires, mêlant une passion réelle pour les beaux instruments et d'intenses spéculations sur les violons italiens (un tiers de la production de Stradivari serait passé, dit-on, par son atelier).

Entre 1834 et 1839, il embauche huit ouvriers (quatre luthiers, quatre archetiers) et produit ainsi 150 instruments et 600 archets par an. En 1841, Jean-Baptiste Vuillaume est à la tête d'une entreprise dynamique et prospère qui comprend plusieurs ateliers.

Vuillaume sait aussi briller aux Expositions des Produits de l'Industrie d'abord, puis aux Expositions Universelles de Londres et Paris en 1851 et 1855. Il le doit en grande partie aux qualités du personnel dont il s'est entouré (Télesphore Barbé et Joseph Louis Germain pour les violons, Dominique Peccatte et François Nicolas Voirin pour les archets), mais surtout à une activité débordante qui le conduira à promouvoir la série des Sainte-Cécile, des instruments qu'il fait fabriquer à Mirecourt et qu'il revend ensuite à bas prix à Paris. Il crée, du même coup, un des premiers réseaux nationaux de production qui lui permettra de proposer de bons violons d'étude aux classes moyennes.

Figure centrale de la facture instrumentale française du siècle dernier, surnommé la « baleine de la lutherie » par le grand violoncelliste Servais, la personnalité de Jean-Baptiste Vuillaume nous invite à plonger au cours d'une époque où la pratique musicale connaît un développement sans précédent (amateurs toujours plus nombreux, instruments fabriqués en quantités toujours plus importantes). C'est donc à un voyage à travers l'ébullition d'un XIXe siècle tiraillé entre sa fascination pour le passé et son désir insatiable de progrès, que nous convie l'exposition du Musée de la musique, mais aussi à comprendre ce qui a fait des violons de Jean-Baptiste Vuillaume les premiers de leur temps.

 

Pour aller plus loin

Questionnaire :
Vérifiez vos connaissances
       
Médiathèque de la Cité de la musique - accueil