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violons, Vuillaume

Vuillaume, l'homme et l'inventeur
 
Octobasse, Jean-Baptiste Vuillaume, Paris, vers 1850, E.409, © Cité de la musique - Photo : Albert Giordan

 

La trajectoire de Jean-Baptiste Vuillaume (1798-1875) tient du roman d'apprentissage, mais aussi du roman balzacien : splendeur - sans décadence - d'un luthier parisien.

Né à Mirecourt dans les Vosges où sa famille travaille dans la lutherie depuis le XVIIe siècle, il quitte sa ville natale en 1818 avec trois écus d'or en poche (il les conservera religieusement jusqu'à la fin de sa vie). Le jeune apprenti connaît en quelques années une ascension sociale et professionnelle foudroyante : couvert de récompenses dans les concours, comptant parmi ses clients les plus célèbres musiciens et collectionneurs de son temps, mariant sa fille à l'illustre violoniste Delphin Alard, telle est la destinée d'un luthier d'exception, tout à la fois inventeur, copiste et entrepreneur.

Passionné par l'histoire et par les travaux de ses grands prédécesseurs, Vuillaume est doté d'un sens aigu de l'observation et de l'imitation et étudie chaque détail (dessin, bois, forme, vernis) de leurs instruments.

Sa plus grande satisfaction est sans doute d'avoir récupéré, dans les années 1850, la somptueuse collection de violons anciens du marchand italien Luigi Tarisio. Sa passion dévorante pour les instruments prestigieux de Stradivari, Guarneri ou Maggini, l'entraîne, à plusieurs reprises, sur les routes d'Europe pour acheter des pièces originales, mais aussi pour se procurer des bois précieux.

En effet, Vuillaume demeure un copiste hors pair, cherchant à percer les secrets des luthiers italiens de l'époque baroque et s'en approchant au point de s'y brûler. Ne l'accuse- t-on pas, après sa mort, d'avoir été un faussaire et, en particulier, d'avoir fait passer le mythique Messie de Stradivari, acheté aux héritiers de Tarisio, pour l'un de ses violons ?

Son enthousiasme pour les maîtres crémonais le pousse à rechercher dans les archives les traces de son prédécesseur et modèle absolu - Antonio Stradivari (1644-1737) - et à confier ses résultats au célèbre historien de la musique François-Joseph Fétis pour qu'il en fasse un livre à la gloire de la lutherie italienne. C'est aussi Vuillaume qui commande au peintre Jean-Edouard Hamman une série de tableaux destinés à immortaliser ses modèles, comme Stradivari et Guarneri.

Jean-Baptiste Vuillaume, Contralto, vue de face, Paris, 1850. © Cité de la Musique, photographe : J-C. Billing Contralto, Jean-Baptiste Vuillaume, Paris, 1850, E.622,
© Cité de la Musique - Photo : Jean-Michel Billing

Peu de traces subsistent aujourd'hui de ces commandes, mais le geste est là : rendre hommage aux anciens pour mieux justifier ses prospectives. Car le regard de Jean-Baptiste Vuillaume ne reste pas rivé sur le passé. Le luthier peut même revendiquer de nombreuses inventions dans une des branches de la facture instrumentale peu concernée, à cette époque, par l'innovation.

Associé un temps aux recherches de l'acousticien Félix Savart, il dépose, pour son propre compte, plusieurs brevets d'invention pour le perfectionnement des archets en 1836 et pour une pédale sourdine en 1867.

Il imagine aussi des instruments nouveaux : le petit violon de soprano de Jullien (vers 1850), un contralto aux rondeurs étonnantes, l'heptacorde (sorte de basse de viole perfectionnée), la mèche d'archet démontable en quelques secondes, et surtout la célèbre octobasse, un gigantesque violon d'une hauteur de trois mètres et demi qui est désormais une des pièces les plus insolites de la collection du Musée de la musique.

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